APIC – REPORTAGE
Le Guatémala réapprend à vivre après 4 décennies de guerre civile et 150’000 morts
>, lâche notre interlocuteur, avec un brin d’amertume mélangé d’espoir. La plupart des Guatémaltèques, il y a peu de temps encore, se défiaient même de leur plus proche voisin. Aujourd’hui, trois mois après la signature des accords de paix, le pays des Mayas réapprend à vivre. Témoignage de l’instituteur-paysan Daniel Saquec, invité de l’Action de Carême.
Difficile, certes, de sortir de quatre décennies de régime de terreur imposé à toute une population par l’armée, sorte de garde prétorienne aux ordres d’une petite oligarchie métisse accrochée à ses privilèges. 150’000 morts, des dizaines de milliers de et de torturés, des réfugiés et des déplacés par centaines de milliers. Des communautés indiennes dressées les unes contre les autres, divisées et manipulées par l’armée, embrigadées dans les patrouilles d’autodéfense civile (PAC) pour combattre la guérilla, pourchassées dans les montagnes. Pour finir regroupées de force, dans le cadre d’un programme de , dans des du genre des expérimentés par les Américains au Vietnam. Cette guerre sale a déchiré un tissu social qu’il sera bien difficile à réparer…
Accès à la terre, à l’éducation et à la santé
L’Accord de paix, signé le 29 décembre dernier par le président Alvaro Arzu et la guérilla de l’URNG, l’Union révolutionnaire nationale guatémaltèque, a mis fin à la plus ancienne guérilla d’Amérique latine et inauguré une ère nouvelle, espère Daniel Saquec Xinico. En effet, l’accord de paix ne prévoit pas seulement le désarmement et la réinsertion dans la vie civile des ex-guérilleros, mais également le redimensionnement et la redéfinition du rôle de l’armée dans une société démocratique. Plus encore, le 6 mai 1996, un accord était signé sur la question agraire (2% de grands propriétaires possèdent 67% des terres cultivables, dont plus de la moitié sont laissées en jachère ou cultivées de façon déficiente) et sur l’accès à l’éducation et à la santé de la population composée en majorité d’Indiens descendants des Mayas qui vivent encore aujourd’hui dans une situation de marginalisation et d’oppression sur leurs terres ancestrales.
Manque de cohérence de la politique du président Arzu
Malgré son optimisme naturel et son espoir dans le processus de paix, l’invité de l’Action de Carême ne cache pas entre la politique macro-économique du président Arzu et les promesses socio-économiques de l’Accord de paix. Le gouvernement, en effet, dans le cadre de la globalisation, passe sous les fourches caudines du Fonds Monétaire International et se plie aux impératifs du néo-libéralisme triomphant .
Fils de paysans de la communauté indigène des Kakchikels, l’une des quatre plus importantes du Guatémala avec les Quekchis, les Mams et les Quichés, Daniel Saquec, 38 ans, s’exprime dans un bon français : il a étudié durant deux ans en France, avec une bourse du gouvernement, pour se former dans la gestion agricole, la formation d’animateurs et l’administration de coopératives. Originaire de Patzun, une municipalité de 30’000 habitants répartis dans 32 communautés de la province de Chimaltenango, il vient d’une région à dominante kakchikel, mais où d’autres groupes indigènes, chassés par la répression et les combats, ont trouvé refuge.
Dans cette zone luxuriante du Centre-Ouest, parsemée de volcans et de montagnes, les paysans, propriétaires de d’un demi-hectare à un hectare par famille, cultivent la plante nationale, le maïs, des haricots, des pommes de terre et un peu de légumes.
Nos enfants n’ont pas droit à l’enfance
des communautés indigènes dans le cadre du programme PRODESSA (Projet de développement de Santiago), issu de l’Institut indigène de Santiago, fondé par les missionnaires de La Salle. Le but est d’élargir les capacités de formation et d’encadrement et de renforcer la société civile dans les communautés, en respectant les bases de la culture maya.
Formation politique et analyse de la réalité sociale
engagés dans les organisations populaires, il a vécu dans un climat de peur et de terreur dans les années 80, ne sachant jamais quand allaient survenir les sinistres . >. (apic/be)
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