Rome: Nommé nonce apostolique, Mgr Périsset se prépare à partir en Roumanie

APIC – Interview

Servir de pont entre les différents interlocuteurs

Rome, 1er décembre 1998 (APIC) Reçu lundi 30 novembre par Jean Paul II, Mgr Jean-Claude Périsset, nommé le 12 novembre dernier nonce apostolique en Roumanie, se prépare à rejoindre sa nouvelle résidence. Interrogé par l’APIC, il explique cette nomination à la lumière des relations actuelles entre les Eglises catholique et orthodoxe de Roumanie.

APIC: Vous étiez ces deux dernières années secrétaire adjoint du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des Chrétiens. Est-ce pour cela que le pape vous a nommé nonce en Roumanie, dans un pays où les relations entre catholiques et orthodoxes sont encore tendues?

Mgr Périsset: Il y a certainement un lien entre ces deux activités en effet, mais aussi avec le fait que lorsque je travaillais à la secrétairerie d’Etat, de 1991 à 1996, je m’occupais spécialement de la situation des pays de l’Est, et notamment de l’Ukraine, où l’on trouve des problèmes très semblables à ceux que l’on rencontre en Roumanie.

APIC: Pouvez-vous rappeler brièvement quels sont ces problèmes?

Mgr Périsset: L’Eglise gréco-catholique de Roumanie réclame au gouvernement les lieux de culte qu’elle possédait avant qu’ils ne lui soient confisqués par le régime communiste de la République populaire de Roumanie. Ces biens sont en grande partie utilisés aujourd’hui par l’Eglise orthodoxe. La complexité de la question crée des tensions regrettables entre catholiques et orthodoxes roumains. Mais elle ne trouvera sa solution qu’à la lumière de la parole de l’Ecriture: « la paix est le fruit de la justice ».

APIC: Dans ce contexte, quel sera votre rôle, en tant que nonce apostolique?

Mgr Périsset: Un point très positif a été obtenu il y a un mois par la création, le 28 octobre, d’une Commission mixte, chargée d’établir, d’ici la fin du mois de janvier, quelles sont les nécessités des deux Eglises. Cet état des lieux officiel est une première étape vers une vraie réconciliation, qui contribue à créer des relations fraternelles entre les fidèles des deux confessions. Mon rôle en tant que nonce sera de favoriser ce climat naissant de convivialité, en servant de pont entre les différents interlocuteurs, les Eglises, et le gouvernement roumain, et je suis optimiste à cet égard, sachant que l’Eglise orthodoxe tient le plus grand compte des orientations données par le document de Balaman, document publié en 1993 et traitant des relations avec les Eglises orientales catholiques.

APIC: Est-ce que cela pourrait laisser envisager une prochaine visite de Jean Paul II en Roumanie, comme l’invitation lui en a été faite par le gouvernement ?

Mgr Périsset: Si les choses continuent à progresser, cette visite pourra en effet être organisée. Toutefois pour l’instant rien n’est encore précis à ce sujet. Mais le pape est très sensible à ce pays, dont il connaissait déjà bien quelques personnalités du monde de la culture quand il était archevêque de Cracovie. Il serait donc très heureux de s’y rendre en visite pastorale, si la dimension oecuménique d’un tel voyage pouvait s’avérer positive. (apic/imed/cb/pr)

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