«Etre indépendant des pouvoirs politiques et religieux»
Rome, 7 décembre 1998 (APIC) Le militant des droits de l’homme est un «éducateur qui ouvre au sens de la responsabilité , sans lequel tout droit est frappé de paralysie, déclare le cardinal Roger Etchegaray dans une interview publiée lundi par le quotidien italien «Il Messagero».
L’ancien président des Conseils pontificaux «Justice et Paix» et «Cor Unum», qui préside aujourd’hui le Comité central du Grand Jubilé de l’an 2000, souhaite «rendre hommage à tous les militants des droits de l’homme, à l’occasion du 50e anniversaire de la Déclaration Universelle du 10 décembre 1948. «Le défenseur des droits de l’homme doit faire face, un peu partout, à un phénomène nouveau», remarque encore le cardinal français. Il doit s’affronter à «l’extrémisme», qui exprime la peur d’entrer dans une société toujours davantage pluraliste «.
Pour Mgr Etchegaray, «l’expérience récente des peuples sortis de l’ombre, sur tous les continents, montre que ne parviennent à la liberté que des hommes déjà libres intérieurement, ou en tous cas disposés à assumer la responsabilité de leurs actions». C’est pourquoi, explique-t-il, le militant des droits de l’homme doit travailler à «ouvrir au sens de la responsabilité», pour que chaque homme puisse remplir ses " devoirs d’homme «. Il ne doit pas être seulement celui qui dénonce l’injustice, mais aussi celui qui annonce en même temps le bien qui y correspond.
Le cardinal Etchegaray insiste enfin pour que le défenseur des droits de l’homme soit indépendant des pouvoirs politiques et religieux quels qu’ils soient. «Personne ne peut s’attribuer le monopole des droits de l’homme. Et tous les hommes sont concernés par ce combat», conclut-il. (apic/cip/imed/ba)
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