L’avenir des Sœurs de Saint-Paul, fondées à Fribourg par le chanoine Joseph Schorderet le 8 décembre 1873, se dessine désormais dans les pays du Sud. Certes, sur quelque 130 sœurs, auxquelles il faut ajouter 18 novices (pas encore engagées dans la Congrégation), les Suissesses forment encore la majorité. Mais cela va changer à court terme, en raison de la moyenne d’âge élevée des sœurs européennes. A Fribourg, on compte 61 Suissesses, 12 Françaises, 6 Vietnamiennes, 4 Burundaises, 4 Camerounaises, 2 Roumaines, une Irlandaise, une Italienne, une Martiniquaise, une Sénégalaise. Si l’on compte les novices en formation, on atteint déjà une moyenne d’âge de 67 ans...

La vitalité est au Sud

Au niveau de l’ensemble de la congrégation, on compte 70 Suissesses sur 148. Mais sur 18 novices, 10 viennent du Vietnam, 4 du Cameroun, une de Madagascar. Les 3 novices actuellement à Fribourg sont d’origine africaine. Sœur Clothilde, la dernière Européenne à avoir prononcé ses vœux perpétuels – en septembre dernier – est une Alsacienne. A part deux Roumaines, cela faisait de très nombreuses années que l’Europe n’avait plus fourni de vocations.

A Fribourg comme en France, pas de relève pour l’encadrement

A Fribourg comme en France, la communauté ne peut compter sur aucune relève. La direction de la Congrégation pense que la présence de sœurs africaines à Fribourg pourrait peut-être susciter des vocations pour l’apostolat de la presse au sein de la jeunesse suisse. Empruntant une image biblique au prophète Isaïe, Sœur Anna-Béata Suter, Supérieure générale, pense que l’Afrique pourrait être un jour la petite pousse sur l’arbre coupé représentant le vieux continent. « Ce serait l’inverse de l’époque où les missionnaires européens partaient en Afrique ».

Ce bourgeon africain peut être utile pour l’éveil aux vocations en Europe, mais ne peut en aucun cas fournir les cadres dont les sœurs de Saint-Paul auraient besoin pour faire fonctionner leurs entreprises, qui, inéluctablement passent complètement en mains laïques. Question de permis de travail, d’abord!

Ce n’est plus par la présence physique des sœurs dans l’entreprise – il y a 20 ans encore, à Fribourg elles étaient 62 à y travailler contre 16 aujourd’hui – que l’Œuvre pourra continuer dans la ligne du fondateur. « On peut tout de même poursuivre cet apostolat en remplaçant les sœurs par des laïcs, comme c’est d’ailleurs déjà largement le cas aujourd’hui; c’est notre souhait commun avec la direction de maintenir une présence des sœurs, mais à l’avenir nous ne pourrons plus être dans l’encadrement pratique. On maintiendra toujours une présence dans le conseil d’administration, où nous pouvons faire valoir nos options, comme c’est le cas avec la charte de « La Liberté ». » (apic/be)

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