Synode pour l’Océanie: Journalistes frustrés
Rome, 14 décembre 1998 (APIC) Les journalistes accrédités au Vatican protestent contre « l’atmosphère de secret » qui les empêche une fois encore de faire convenablement leur travail, écrivent-ils à la veille de la conclusion du Synode pour l’Océanie. L’information qui circule en dehors de l’Aula synodale est contrôlée strictement et les textes distribués aux journalistes ne sont que des synthèses, « dont on sait qu’elles sont souvent trompeuses », affirment-ils dans une déclaration reprise par l’Agence de presse italienne ADISTA.
Selon les vaticanistes, qui constatent une dérive, les évêques présents au Synode ont reçu le mot d’ordre de ne pas publier ni distribuer le texte de leurs interventions, ce qui est à leurs yeux « une exagération du règlement officiel du Synode ». S’ils demandent à recevoir le texte des interventions dans leur intégralité, c’est que les synthèses proposées sont, « de par leur nature, incomplètes ». Et de préciser: « Quand un thème difficile ou délicat est abordé, nous avons besoin du contexte global pour donner une information correcte. En outre, beaucoup d’évêques souhaitent que leurs textes soient connus et publiés intégralement, car ils pensent que leurs commentaires sont importants ou utiles même en dehors des murs du Synode ».
Les journalistes demandent à être considérés « comme des alliés et non comme des ennemis du processus synodal, et comme des professionnels qui méritent respect et soutien ».
La déclaration des vaticanistes fait aussi remarquer que l’ »Ordo Synodi episcoporum celebrandae », le document officiel de l’Eglise qui réglemente les Synodes, traite brièvement le thème du secret en demandant aux participants de respecter le caractère réservé des travaux, des décisions, des votes et des conclusions de l’assemblée, mais reconnaît en même temps la nécessité de rendre disponible l’information, en précisant que c’est à la commission pour l’information de chaque Synode d’en préciser les modalités. « Mais il n’est écrit nulle part, soulignent les journalistes, qu’il est spécifiquement interdit aux évêques de partager leurs propres interventions avec d’autres. Et, en effet, durant de nombreuses années, les évêques ont volontiers partagé leurs textes avec les journalistes et avec les autres personnes intéressées ».
Interprétation abusive
A l’occasion des Synodes les plus récents, affirment encore les vaticanistes, on a distribué aux évêques, « en document annexe, un ’’vade mecum’’ de règles synodales présumées », selon lequel les textes des interventions sont destinés au Synode, « si bien que, une fois prononcés dans l’Aula synodale, ils deviennent la propriété du Synode et ne doivent pas être distribués ou publiés ». Les journalistes tiennent à souligner que ce « vade mecum » n’est pas un document de l’Eglise publié officiellement et que ce qu’il dit de la « propriété » des interventions ne se trouve nulle part dans les trois documents officiels qui ont été publiés au sujet du Synode des évêques: le Code de Droit canon, la lettre apostolique « Apostolica sollicitudo » et l’ »Ordo Synodi episcoporum celebrandae ».
Le « vade mecum » précise dans une note de bas de page que ses dispositions, sauf avis contraire, doivent être considérées comme « des habitudes ou des pratiques » acceptées par le Synode. « Si rien n’est fait maintenant, affirment les journalistes, la clausule sur la propriété des interventions synodales deviendra une habitude, sans avoir jamais été avalisée par les centaines de participants aux précédents Synodes, qui ont mis leurs interventions à la disposition des journalistes ou les ont autorisés à les publier ».
Harare: Tensions orthodoxes au sein du COE
Création d’une Commission
Harare, 14 décembre 1998 (APIC) La Huitième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui se tient à Harare, au Zimbabwe, a accepté, le 12 décembre, de mettre sur pied une Commission spéciale afin de régler la question de la participation des Eglises orthodoxes à l’organisation. Quelques heures après le vote de l’Assemblée, la délégation de l’Eglise orthodoxe russe annonçait cependant qu’elle suspendrait sa participation au Comité central du COE tant que « la Commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE » conduirait ses délibérations.
A Harare, l’Eglise orthodoxe bulgare est officiellement devenue la deuxième Eglise orthodoxe à se retirer officiellement du COE, après le retrait de l’Eglise orthodoxe de Géorgie l’an dernier.
La Commission spéciale – dont la moitié des membres seront nommés par les Eglises orthodoxes et l’autre moitié par le Comité exécutif du COE – fera des propositions concernant « les modifications nécessaires à apporter à la structure, au style et à la manière de vivre du Conseil ». L’ensemble du travail de la Commission devrait être planifié « pour une période d’au moins trois ans ». Certains des changements proposés par la Commission pourraient être appliqués par le Comité central avant la prochaine Assemblée du COE, qui devrait avoir lieu dans sept ans.
Harare: Les Eglises renouvellent leur engagement en faveur de l’œcuménisme
Harare, 14 décembre 1998 (APIC) Les Eglises membres du Conseil oecuménique des Eglises (COE) ont renouvelé leur engagement en faveur du mouvement œcuménique, lors d’un service célébré dimanche 13 décembre à Harare, au Zimbabwe. Cette cérémonie a rassemblé une foule énorme dans la tente des cultes dressée sur le campus de l’Université du Zimbabwe, où se tient la Huitième Assemblée de l’organisation.
Les rumeurs selon lesquelles les représentants orthodoxes pourraient boycotter le Service de renouvellement de l’engagement pour manifester leur mécontentement et leurs préoccupations ne se sont apparemment pas concrétisées. Les délégués de l’Eglise orthodoxe russe – l’une des Eglises les plus critiques à l’égard du libéralisme au sein du COE – étaient présents au service.
Les participants de chaque région du monde se sont levés à tour de rôle, salués par le cantique de leur région. Différentes parties de la liturgie ont été conduites par des représentants de différentes régions, avant l’engagement, prononcé par tous les participants debout. (apic/eni/pr)
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