Rome :Message du pape pour la Journée Mondiale de la Paix

«Le secret de la paix réside dans le respect des droits humains»

Rome, 15 décembre 1998 (APIC) Pour Jean Paul II, «le secret de la paix véritable réside dans le respect des droits humains». Il s’agit un des points centraux du message pour la prochaine Journée mondiale de la paix fixée chaque année au 1er janvier. Un autre est le rappel de «suivre toujours sa conscience en toutes circonstances».

«Quand la promotion de la dignité de la personne est le principe qui nous guide, quand la recherche du bien commun constitue l’engagement prédominant, alors sont posés des fondements solides et durables pour l’édification de la paix», écrit le pape. «Quand, au contraire, les droits humains sont ignorés ou méprisés, quand la poursuite d’intérêts particuliers prévaut injustement sur le bien commun, alors sont inévitablement semés les germes de l’instabilité, de la rébellion et de la violence.»

Cinquante ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, «c’est de la dignité et de la valeur de la personne humaine que tous les droits découlent», poursuit le pape, en se référant au préambule même de la Déclaration.

Le premier droit est le «droit à la vie», poursuit le pape. «De même qu’une vraie culture de la vie garantit le droit de venir au monde à celui qui n’est pas encore né, de même elle protège les nouveau-nés, en particulier les filles, du crime d’infanticide. Pareillement, elle assure aux porteurs d’handicaps le développement de leurs potentialités, et, aux malades et aux personnes âgées, des soins adaptés.»

Liberté de changer de religion, si sa conscience le lui demande

Au «coeur» des droits humains, Jean Paul II place «la liberté religieuse». Il s’en explique, en référence explicite au Concile Vatican II: «La religion exprime les aspirations les plus profondes de la personne humaine, elle détermine sa vision du monde, elle guide ses rapports avec les autres: au fond, elle donne la réponse à la question du vrai sens de l’existence dans le domaine personnel et social. La liberté religieuse constitue donc le coeur même des droits humains. Elle est tellement inviolable qu’elle exige que soit reconnue à la personne la liberté même de changer de religion, si sa conscience le demande. Chacun, en effet, est tenu de suivre sa conscience en toute circonstance et personne ne peut être contraint d’agir contre elle.(6) C’est précisément pourquoi personne ne peut être obligé à accepter de force une religion déterminée, quelles que soient les circonstances ou les motivations.»

Le «droit de participer» retient longuement l’attention du pape, qui y voit l’enjeu de la démocratie. Aussi juge-t-il toute violation de ce droit, depuis le refus du suffrage universel jusqu’à la manipulation du scrutin, comme un «affront à la démocratie».

La valeur d’un tribunal pénal international

Une «forme particulièrement grave de discrimination» et de violation des droits humains soulève l’indignation du pape: ce sont les «crimes contre l’humanité». Aussi se réjouit-il de l’initiative prise cet été par la Conférence diplomatique des Nations-Unies, qui a approuvé les statuts d’un Tribunal pénal international, destiné à repérer les fautes et à punir les responsables de crimes de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’agression. «Si cette nouvelle institution est constituée sur de bonnes bases juridiques, elle pourra, espère Jean-Paul II, contribuer progressivement à assurer à l’échelon mondial la sauvegarde efficace des droits humains.»

La mondialisation de l’économie et des finances, observe encore le pape, risque de faire peser une menace planétaire sur les droits humains, laisse entendre le pape qui, par souci des pauvres avant tout, réclame un «progrès mondial dans la solidarité», et affirme «l’urgence de préciser qui doit garantir le bien commun mondial et la mise en oeuvre des droits économiques et sociaux». «Le libre marché, précise-t-il, ne peut le faire par lui seul, car il existe en réalité de nombreux besoins humains qui ne peuvent être satisfaits par le marché.» A son exigence d’une solidarité plus grande, Jean-Paul II joint naturellement la requête d’une sauvegarde de l’environnement. (apic/imed/ba)

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