Brésil : Pas assez de places dans les prisons brésiliennes

Rapport sévère de l’organisation américaine « Human Rights Watch »

Sao Paulo, 16 décembre 1998 (APIC) L’organisation américaine des droits de l’homme « Human Rights Watch », dans un rapport publié mercredi à Sao Paulo, dénonce le surpeuplement des prisons brésiliennes et le fait qu’on y pratique quotidiennement la torture.

James Carvalho, directeur de « Human Rights Watch » au Brésil, se base sur les statistiques officielles, des années allant de 1995 à 97, pour affirmer que durant ces trois années, le nombre des prisonniers a passé de 95 à 108 pour 100’000 habitants. Or durant même période, on n’a pas augmenter le nombre de places dans les prisons. Le pourcentage négatif a augmenté de 28%. Cela tend à aggraver le système carcéral, en élevant la promiscuité et en transformant la crise existante auparavant en un chaos encore plus grave.

Le nombre de prisonniers au Brésil est assez semblable, proportionnellement, à celui d’autres pays d’Amérique latine, comme la Colombie (110 pour 100’000 habitants), du Mexique (108) ou du Venezuela (113). Il est par contre très inférieur à celui des Etats-Unis où l’on compte 645 prisonniers pour le même nombre d’habitants.

Le rapport, divulgué par la Commission des droits de l’homme de l’Assemblée législative de l’Etat de Sao Paulo, dénonce un problème de surpopulation carcérale surtout dans les Etats de Rio Grande do Sul et du Ceara, où l’on est obligé de faire appel à la police militaire pour la garde interne des prisons, alors que la loi prescrit que l’on doit engager à des gardiens civils pour de telles fonctions. Dans l’Etat de Sao Paulo, le rapport critique surtout la violence des policiers dans les commissariats.

Autre grave grief « d’Human Rights Watch »: la torture, morale ou physique, est pratiquée quotidiennement dans les prisons brésiliennes.

Pour le Père Francisco Reardon, membre de la pastorale des prisons de l’archidiocèse de Sao Paulo, « une des manières de faire diminuer la violence dans les maisons de détention, serait d’instituer des commissions indépendantes, extérieures au personnel travaillant dans les prisons ». Celles-ci pourraient visiter régulièrement les prisonniers et pourraient, le cas échéant, dénoncer les violations des droits de l’homme. L’an prochain, a-t-il promis, « nous allons faire campagne pour que ces commissions puissent commencer à exister. Elles seraient un lien fiable entre la société civile et les prisonniers ». (apic/plp/ba)

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