Soudan :Le nonce apostolique reste optimiste
Paris, 17 décembre 1998 (APIC) L’ajournement du procès de deux prêtres catholiques accusés par le régime militaire islamique soudanais d’être liés à un attentat à la bombe dans la capitale, laisse quelque espoir au nonce apostolique Mgr Marco Dino Brogi. Il ne pense pas en outre qu’on veuille chasser les chrétiens du Soudan.
Cette suspension annoncée le 11 décembre par l’agence officielle soudanaise «Suna» «nous donne un certain espoir», a déclaré à «La Croix» Mgr Brogi. «La défense doit maintenant plaider. Nous ne pensons pas que ces prêtres soient des poseurs de bombes. Tels que nous les connaissons, ils sont très certainement étrangers à ces faits.»
Le nonce s’est dit très étonné d’entendre que les deux prêtres, les Pères Hilary Boma, 56 ans, chancelier de l’archevêché, et Lino Sebit, 30 ans, tous deux très connus, risquaient la crucifixion, car ce n’est pas dans la tradition coranique. «La crucifixion au Soudan est applicable après exécution du condamné dans des cas qui n’ont absolument rien à voit avec les faits reprochés à ces prêtres», précise-t-il.
Les Pères Sebit et Boma ont été arrêtés respectivement le 29 juillet et le 1er août derniers, les forces de sécurité leur attribuant la responsabilité d’attentats à la dynamite commis à Khartoum le 30 juin. Leur procès est-il politique ? Mgr Brogi note que le 30 juin était le jour anniversaire de la révolution, mais surtout jour de la promulgation de la nouvelle Constitution, qui donne des signes d’ouvertures, en particulier politiques. Ces faits lui semblent donc liés. Il faut surtout réaliser, dit-il, que le pays est en guerre civile entre le Nord et le Sud, où vivent une majorité de chrétiens. «Cela dit, je n’ai pas l’impression qu’on veuille chasser les chrétiens «, ajoute-t-il.
Les violations des droits de l’homme sont pourtant là. «Le Soudan est un pays arabe et islamique, répond le nonce. Il y a donc une religion d’Etat avec une forte mentalité religieuse. Certaines situations ne sont pas plaisantes, mais elles s’inscrivent dans ce contexte. Nous avons des manifestations religieuses qui sont permises. Nous avons des problèmes pour obtenir l’autorisation de construire des églises. Quant aux problèmes des écoles qui sont régulièrement rasées, ils sont liés aux réfugiés du Sud qui s’installent aux abords des villes. Tout cela est très désagréable mais appartient à un contexte local.»
S’il admet que, «au total, il y a de vraies difficultés liées à l’état de guerre», Mgr Brogi est «assez optimiste pour l’avenir car, fondamentalement, ce pays reste accueillant». (apic/cip/cx/mp)
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