Mgr Anastasius Hartmann bientôt béatifié ?

Suisse: Vertus héroïques d’un capucin lucernois, évêque missionnaire en Inde, reconnues

Rome/Lucerne, 22 décembre 1998 (APIC) Les vertus héroïques d’Anastasius Hartmann (1803-1866), évêque missionnaire en Inde au XIXe siècle, ont été reconnues dans un décret de la Congrégation romaine pour les causes des saints promulgué lundi au Vatican en présence du pape Jean Paul II. Le procès en béatification du capucin lucernois a ainsi fait un grand pas en avant. Il faut encore qu’un miracle attribué à son intercession soit reconnu.

La béatification est l’acte par lequel le pape place une personne au rang de «bienheureux», proposant ainsi son témoignage en exemple au peuple chrétien. Son culte public est limité là où le Saint-Siège le décide. La procédure se présente comme celle d’un procès canonique. Elle consiste d’abord en une enquête approfondie confiée à l’évêque diocésain, avant que le dossier ne soit transmis à Rome à la Congrégation pour les causes des saints. Pour aboutir à une béatification (puis éventuellement à une canonisation, qui permet alors une extension du culte public partout dans l’Eglise universelle), on examine le rayonnement spirituel du serviteur de Dieu après sa mort. Les miracles qui peuvent lui être attribués revêtent une grande importance.

La procédure de béatification de Mgr Hartmann, né en 1803 à Altwis, dans le canton de Lucerne, a été engagée dans les années 70 dans le diocèse de Bâle. Le jeune Hartmann entre chez les capucins de la province de Suisse en 1821; de 1826 à 1830, il exerce ses activités pastorales dans le couvent de Lucerne, avant d’être, de 1831 à 1839 maître des novices et professeur de théologie pour les capucins étudiant à Fribourg. Il enseigne ensuite deux ans la philosophie au couvent de Soleure. C’est en 1841 qu’il part à Rome pour se préparer à un engagement missionnaire en Inde, pays qu’il rejoindra deux ans plus tard.

C’est le pape Grégoire XVI qui le nommera en 1845 premier vicaire apostolique de Patna, dans la plaine du Gange. Il sera ordonné évêque l’année suivante, avant que le pape lui confie également en 1849 le vicariat apostolique de Bombay, plus tard aussi celui de Poona. Après un séjour en Europe pour raison de santé, de 1858 à 1860, où il exerce la fonction de procurateur pour l’ensemble des territoires missionnaires de sa congrégation, il retourne à Patna où il meurt le 24 avril 1866.

Un territoire immense s’étendant de la frontière du Népal à Goa

Mgr Anastasius Hartmann s’est vu confier un territoire immense, de la frontière du Népal au Nord jusqu’à Goa au Sud. Et pour ses visites pastorales, il se déplace en charrette à bœufs. Une vie harassante, d’autant plus qu’il doit faire face à des problèmes de santé récurrents. En ce milieu du XIXe siècle, la vie ecclésiale dans son territoire n’est pas non plus de tout repos, et l’évêque lucernois doit affronter le «schisme de Goa», né de la perte d’influence politique du Portugal dans cette région au profit des puissances coloniales anglaise et française.

Vivant lui-même dans une grande pauvreté, le capucin se fait aider par des congrégations religieuses féminines, fonde écoles, orphelinats et églises, notamment la cathédrale de Patna. Il édite encore des catéchismes et fonde même des journaux où il écrit, comme le «Bombay Examiner». Il publie pour les missionnaires également un dictionnaire anglais-latin-hindi. Signe de son engagement auprès des populations pauvres, il transforme sa résidence épiscopale en orphelinat pour garçons. A Patna, où l’évêque lucernois est en odeur de sainteté, les jésuites en charge du diocèse récoltent des informations devant servir à la béatification du capucin Anastasius Hartmann. (apic/cic/com/gs/be)

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