Les mafias colonisent les pays où l’on ne se bat pas
Lomé/Maputo, 24 décembre 1998 (APIC) Là où on ne se bat pas, on voit commencer à prospérer le trafic de drogue et le recyclage de l’argent sale. Au Togo, pour 1998 seulement, on a séquestré et brûlé 2 tonnes et demi de drogue (cannabis, cocaïne et héroïne). Au Mozambique, on a même repéré une fabrique de cachets d’Extasy.
Au Togo, malgré la destruction de drogue faite par l’armée, la gendarmerie et la police, les champs qui sont devenus des plantations de « cannabis » sont de plus en plus nombreux. Dans le sud-est du pays surtout les petits cultivateurs de café et de cacao (dont les prix est en baisse) se sont consacrés en masse à cette nouvelle production pour se garantir un niveau décent de vie.
Un kg de cannabis se vend 20’000 francs CFA, alors qu’un kilo de café est vendu 575 francs CFA et un kilo de cacao 500 francs CFA. Le jour où le prix du café et du cacao remontera suffisamment, déclare un petit producteur du sous-district de Kpélé-Akata, et pourra concurrencer celui de la cannabis, nous pourrons nous mettre à cultiver le café et le cacao.
Les politiques de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International contraignent le gouvernement à ne pas soutenir les petits cultivateurs, et la conversion à la culture de la cannabis est en augmentation constante. Le nouvel « or », dont la vente nécessite des réseaux dirigés par des organisations internationales, est destiné aux marchés du Ghana, du Bénin et des Pays européens.
Au Mozambique également, où la paix est revenue il y a six ans à peine, les trafics illicites sont en augmentation. Le secteur des stupéfiants est essentiellement entre les mains de citoyens d’origine indienne et pakistanaise, même s’il bénéficie de la complicité d’autorités à différents niveaux. Le pays est devenu la porte qui, de l’Asie, mène au continent africain puis à l’Europe. Récemment, on a séquestré 40 tonnes de haschisch à Maputo, et 20 tonnes à Quissanga dans la province de Capo Delegato.
Trafic prospère
Dans la ville de Matola, on a même repéré une usine où l’on produit l’Extasy. Le Procureur général du pays, Antonio Namburete, a estimé à 220 tonnes le trafic de haschisch qui est passé sur le territoire du Mozambique depuis 1993. Cette estimation est inférieure à la réalité, estime-t-on. Le nouveau trafic prospère dans un climat de criminalité courante: à Maputo seulement, ont a enregistré 4’527 procès criminels pour l’année écoulée, et plus de 650 homicides.
Devenir des ports francs de trafics illicites semble être les destin des pays africains qui ne sont pas touchés par des conflits, mais qui sont, dans le même temps, non préparés à la lutte contre le trafic international de la drogue. Le peu de moyens de répression et le taux élevé de corruption favorisent la colonisation mafieuse de l’Afrique, commente-t-on du côté d’ONG présentes sur le terrain africain. (apic/fides/pr)
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