« La peine de mort est injustifiable en toute circonstance »
Canberra, 29 décembre 1998 (APIC) « Nous souhaitons que tous nos concitoyens s’engagent à intensifier leur soutien aux droits de l’homme et à la justice sociale, en Australie et à l’étranger » Telle est la première phrase de la lettre pastorale des évêques australiens intitulée « Une pierre angulaire pour la famille humaine ». Tout en rappelant les grands principes, ils condamnent la peine de mort et l’activité de certaines entreprises commerciales et financières internationales qui minent la souveraineté de pays pauvres.
Avant de rappeler les origines de la Déclaration des droits de l’homme – dont on fête dans le monde entier le 50e anniversaire – et ses principes essentiels soutenus par l’Eglise catholique, les évêques australiens passent en revue les différents textes publiés à ce sujet par les papes depuis Léon XIII: Ils soulignent spécialement l’affirmation de Jean Paul II, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 1998, selon laquelle « universalité et indivisibilité sont ’deux principes clefs’ qui supposent que les droits humains soient enracinés dans les différentes cultures. Il faut absolument approfondir leur profil juridique pour en assurer le plein respect ».
Concernant l’Australie, les évêques rappellent que leur pays, en tant que membre fondateur des Nations Unies, a souscrit aux principes des Droits de l’Homme indiqués dans la Déclaration universelle. Les gouvernements australiens, précisent-ils, « ont été parfois critiqués » dans leur façon de s’acquitter de leurs obligations à ce sujet, et en particulier pour « leur réticence à critiquer les violations des Droits de l’homme perpétrées par d’importants partenaires commerciaux ». Les évêques indiquent cependant qu’une législation « importante et digne de louange » est entrée en vigueur dans leur pays en faveur des droits de l’homme.
La Lettre pastorale explique d’autre part que l’Eglise australienne a largement participé à ce mouvement par des déclarations et grâce à de nombreuses organisations au niveau national, diocésain et paroissial, notamment le Conseil catholique australien pour la Justice sociale, ou la Commission nationale pour les Aborigènes et pour les habitants du détroit de Torres. Ces organismes, est-il précisé, essaient, pour la majeure partie, « de coopérer avec d’autres Eglises, et avec d’autres groupes et individus intéressés ».
« Ne pas maltraiter les animaux ni détruire les forêts »
Par ailleurs, les évêques invitent leurs diocésains à réfléchir sur le fait que si l’on parle des droits « humains », cela ne signifie pas qu’il faille « maltraiter les animaux ni détruire les forêts sans raison valable ». Nous avons l’obligation de prendre soin de la création, rappellent-ils. De même, « la liberté ne signifie pas licence de faire n’importe quoi ». Les évêques australiens considèrent en particulier que l’exercice public de la liberté d’expression ne doit « nuire ni aux autres ni au tissu social ». Et ils affirment vouloir « continuer à défendre le droit des organismes religieux à exclure de leur service ceux dont le style de vie et les convictions contredisent les enseignements et les valeurs qu’ils soutiennent ».
Autres droits rappelés dans cette Lettre pastorale : ceux des pays dont la souveraineté est souvent « minée » par des entreprises commerciales et financières internationales », conduisant parfois à « l’exploitation des personnes et des ressources ».
Evoquant ensuite « le fardeau injuste des dettes imposé aux pays pauvres », les évêques montrent que l’Eglise a soutenu des initiatives au niveau mondial, comme le nouveau Tribunal pénal international, pour remédier aux manquements actuels aux droits de l’homme.
« La peine de mort est injustifiable »
La Lettre passe en revue les menaces qui pèsent contre la vie humaine, et notamment « la peine de mort ». La doctrine de l’Eglise la considère aujourd’hui injustifiable pratiquement « en toute circonstance », précisent les évêques australiens, qui affirment être prêts à s’opposer à toute initiative destinée à la réintroduire dans leur pays.
Enfin, les évêques australiens mentionnent la nécessité d’une connaissance de la vérité historique pour une véritable promotion des droits de l’homme et une vraie réconciliation en Australie, dans l’optique du Jubilé de l’an 2000. Ils mentionnent spécialement à ce sujet le repentir déjà exprimé pour les épisodes des « enfants volés » dans leur pays. (apic/com/ba)
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