Grâce à Internet, il reçoit des millions de « visiteurs »
Abiquiu (Etas-Unis), 1er novembre 1998 (APIC) Un monastère bénédictin perdu en plein milieu du désert du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis, a décidé d’utiliser les techniques de l’Internet pour créer une communauté mondiale sur la Toile (Web) qui est à la pointe de la nouvelle technologie.
Il y cinq ans, le monastère « du Christ dans le désert », fondé en 1964 par le Père bénédictin Aelred Waal, à Abiquiu (New Mexico), à deux heures de route de Santa Fe, n’avait ni électricité ni lignes téléphoniques. Aussi les moines ont-ils décidé de monter des panneaux solaires pour avoir l’électricité et de faire installer un transmetteur pour téléphones portables cellulaires. Ces obstacles étant surmontés, le monastère est devenu, en avril 1995, le premier au monde à se présenter sur la Toile.
Aujourd’hui le site web du monastère (www.christdesert.org) reçoit des milliers de « visiteurs » tous les jours et offre au monde entier des chants, des homélies, des prières et des renseignements sur le monastère, des liens pour accéder à d’autres ressources et même des informations sur l’énergie renouvelable et les constructions durables.
Deux des moines répondent aux demandes de prières, alors qu’un autre, spécialisé dans l’enluminure des manuscrits, transmet des images sur le site, en s’inspirant des traditions artistiques du Nouveau-Mexique et d’autres Etats du Sud-Ouest des Etats-Unis. Seul un petit nombre d’utilisateurs du site sont des catholiques. Beaucoup n’ont pas de religion.
Si ce site web a été créé c’est parce que le monastère, confronté à un afflux de vocations au début des années 90, a décidé de se lancer dans de nouvelles entreprises pour trouver des fonds et couvrir les frais entraînés par l’arrivée de ces futurs novices.
Or, l’un d’entre d’eux, le frère Aquinas Woodworth, programmeur d’ordinateur avant sa conversion au catholicisme, a été fasciné par les possibilités offertes par la Toile pour communiquer avec les images et les mots.
Pas de contradiction avec la vie monastique
Il a donc suggéré au monastère d’installer son propre site et de collecter des fonds en créant des sites web pour d’autres personnes. Interviewé cette semaine à Wittenberg, en Allemagne, lors d’une table ronde organisée par la Fédération luthérienne mondiale (FLM), sur la place de la théologie et de l’Eglise dans la communication mondiale, frère Aquinas a déclaré ne pas voir de contradiction entre la vie monastique et les techniques de pointe dans le domaine de la communication.
« S’il y a problème, c’est parce que les gens croient que les monastères devraient devenir des antiquités. N’oublions pas que les moines dans le passé ont été à la pointe de la médecine, de la technique et de la science. Ce n’est que récemment que les monastères ont cessé de faire ce genre de choses », a-t-il encore déclaré. Installer des sites web « est une sorte de travail très traditionnel pour les moines », a-t-il poursuivi, en établissant un parallèle avec le travail qu’effectuaient les moines dans le passé dans le domaine de l’enluminure, de l’illustration et de l’écriture pour communiquer la vérité spirituelle.
Créer des sites a aussi d’autres avantages pour un monastère construit en plein désert. Le travail peut être fait à certaines heures et laisse une grande place pour la prière. Par ailleurs, la distance n’est pas un problème.
Un million d’entrées
Après la présentation de ce site sur la chaîne de télévision américaine CNN, et dans un article du « New York Times », « tout s’est emballéé très vite » et le site a reçu jusqu’à un million d’entrées par jour, même si tout s’est stabilisé par la suite. L’on compte aujourd’hui quelque 20’000 entrées par jour.
Le monastère a été aussi contacté par le Vatican qui lui a demandé de l’aider pour la création de son propre site. Mais en dépit de l’intérêt mondial, « ce n’est pas devenu la grande entreprise que nous espérions », a admis frère Aquinas, car « un notre monastère si petit ne pouvait faire plus ».
Aussi les moines ont-ils lancé un nouveau projet – un service d’expertise sur l’Internet, appelé « next scribe » (www.nextscribe.org) qui fait appel aux talents de laïcs et de moines, pour offrir des services à ceux qui veulent installer des sites web.
Utiliser les techniques de pointe et travailler avec des compagnies comme IBM pour communiquer la foi sur la Toile ne dérange nullement frère Aquinas. « Si la foi doit être bien exprimée, elle doit être attirante. Et pour obtenir l’attention et le temps des gens, nous nous trouvons en copétition avec les grandes agences des médias », a-t-il conclu. (apic/eni/ba)
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