Gouvernement et Eglise du Rwanda montrés du doigt
Paris, 6 novembre 1998 (APIC) L’abbé Sibomana a bel et bien succombé à une maladie, mais le gouvernement rwandais, ainsi que la hiérarchie de l’Eglise catholique de ce pays sont montrés du doigt pour la responsabilité qu’ils portent dans la mort de l’abbé André Sibomana, le 9 mars 1998.
L’un et l’autre ne sont pas épargnés dans le rapport «Enquête sur la mort d’André Sibomana», publié en ce début novembre à Bruxelles par «Reporters sans frontières». Le premier parce qu’il a empêché le malade de sortir du pays, le second pour l’avoir «lâché» et ne pas être intervenu auprès des autorités de Kigali.
Le décès du prêtre, journaliste et militant des droits de l’homme, lauréat du Prix «Reporters sans frontières ne relève pas de l’anecdote», peut-on lire dans la préface d’un rapport écrit par Hervé Deguine.
Ce rapport permet d’établir que, comme la presse l’a annoncé lors de son décès, André Sibomana a succombé à une maladie, foudroyé en quinze jours par une crise d’hyperallergie – les rumeurs d’assassinat et d’empoisonnement qui ont circulé sont dès lors infondées -, mais aussi que cette maladie, bien que très grave, n’était pas nécessairement mortelle: «La vie du prêtre aurait pu être sauvée s’il avait pu avoir accès aux soins appropriées.
A cet égard, souligne Hervé Deguine, le gouvernement rwandais porte une lourde part de responsabilité, puisqu’il a empêché André Sibomana de sortir du Rwanda pour se faire soigner en Europe. En dépit de démarches d’amis, d’organisation de défense des droits de l’homme et de diplomates, le gouvernement ne lui a pas restitué le passeport qu’il lui avait confisqué en septembre 1996.
Stratégie délibérée
Douloureux pour ses proches et pour ses collaborateurs, ce décès ne relève pas de l’anecdote, peut-on lire dans la préface du rapport, mais reflète une stratégie délibérée visant à contrôler ou éliminer au Rwanda toute forme d’opposition interne. La «stratégie d’isolement patiemment mise en place par les autorités de Kigali a bien fonctionné», constate en effet Hervé Deguine. Pour lui, le décès du prêtre est «emblématique de la disparition d’une classe d’intellectuels et d’opposants qui, aujourd’hui sous le régime Kagame, comme hier sous le régime Habyarimana, représente l’espoir de voir un jour une démocratie libérale remplacer un pouvoir militaire».
Hervé Deguine ne cache pas sa perplexité devant l’attitude des milieux ecclésiastiques. Il s’étonne que «la hiérarchie ne soit jamais intervenue au cours des dix-huit derniers mois», une attitude que l’auteur interprète comme un «lâchage».
Genève: Le COE lance un nouveau site Internet dans l’optique de sa 8e Assemblée
Versions en trois langues et bientôt cinq
Genève, 6 novembre 1998 (APIC) Le COE lance un nouveau site Internet dans l’optique de son Assemblée prévue en décembre à Harare, au Zimbabwe. Des informations seront données en version française, allemande et anglaise. Elles seront également bientôt disponibles en langue espagnole et russe.
Grâce au site Internet «http://www.wcc-coe.org» mis en place aujourd’hui sous une forme entièrement nouvelle, il sera possible de suivre directement, dans le monde entier, la Huitième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises, qui se tiendra du 3 au 14 décembre 1998 à Harare (Zimbabwe). Le site «http://www.wcc-coe.org» donnera également des nouvelles du Festival de la Décennie du COE, organisé à Harare du 27 au 30 novembre pour marquer la fin de la Décennie oecuménique: les Eglises solidaires des femmes.
Avant le lancement de ce site remanié, le site Internet du COE offrait déjà des informations détaillées sur la préparation et les projets de l’Assemblée. Toutes ces informations demeurent disponibles, mais le site a été agrandi et rendu plus facile à utiliser. Les informations sont rédigées en anglais, en français et en allemand. La version espagnole est en cours de réalisation. Le COE espère qu’il sera bientôt possible d’en offrir une en russe. (apic/com/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rwanda-enquete-de-reporters-sans-frontieres-sur-la-mort-d-andre-sibomana/