Ghana: A cause de la fièvre de l’or, les compagnies minières empoisonnent les gens
Accra, 6 novembre 1998 (APIC) Les compagnies minières exploitent avec fièvre l’or du Ghana. Au mépris de la population, littéralement empoisonnée. Les rivières et les puits pollués, les maisons et les terres confisquées: tout cela pour extraire de l’or. Les gens de Tarkwa, ville minière à 150 km à l’est de Accra, sont furieux contre les compagnies chargées de l’extraction du minerai
« Notre or les a rendus riches, mais regardez nos routes, les hôpitaux et les prix de la nourriture dans les magasins: ces compagnies minières nous ont rendus pauvres sur notre terre riche », confie un témoin à l’Agence Fides.
Les compagnies minières sont accusées d’ignorer les besoins des gens, de les chasser de leurs terres, en les déracinant de leurs coutumes sociales et culturelles. La fièvre de l’or pollue tout le milieu et entraîne le sous-développement de la région. Les rivières, les ruisseaux et les puits – seules sources d’eau potable – ont été contaminées par des produits utilisés par les compagnies dans l’extraction de l’or. La population qui, dans le passé, pouvait subvenir à ses besoins alimentaires, ne le peut plus actuellement.
On dénonce de nombreuses injustices et brimades. Une femme enceinte est morte parce que l’une des compagnies, la « Tarkwa Goldfields » avait bloqué la route qui relie le village où habitait cette femme à l’hôpital de la ville. Les habitants du village de Abekoase accusent la « Goldfields Ghana Limited » de les avoir chassés de leurs maisons sans aucune compensation, et d’avoir pollué la rivière Essuman qui donnait de l’eau potable à la population et au bétail.
La « Goldfields Ghana Limited » déclare de son côté qu’elle a dépensé deux millions de dollars pour amener les gens à quitter leurs maisons et leurs terres, et 12 autres millions pour la construction de logements à Atombi pour les personnes déplacées. Mais les paysans perdent leur travail et les revenus agricoles qui leur permettaient de vivre. Ils ne sont en outre pas embauchés par les compagnies. Le déplacement détruit aussi le tissu familial de la région. Le même témoin déclare à « Africanews » que de nombreux jeunes empochent la contribution des compagnies et abandonnent les villages: « Seuls les malades et les personnes âgées restent dans les villages: personne ne n’en occupe ». (apic/fides/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse