Cette affaire concerne des faits d’abus commis entre 2006 et 2009 au sein du petit séminaire Saint-Pie X – un établissement scolaire situé dans le Vatican jusqu’en 2021 – par un ancien élève, Gabriele Martinelli, sur un autre ancien élève plus jeune dont l’anonymat a été protégé. Ordonné prêtre en 2017, le père Martinelli a été accusé la même année par le plaignant de corruption de mineurs, de viol et d’actes de débauche.
Un premier procès a été ouvert en 2017 et a abouti en 2018 à un non-lieu. Mais, après intervention du pape, il a été renvoyé en justice par le promoteur de justice en septembre 2019 du fait de l’apparition de nouveaux témoignages incriminants provenant d’anciens membres du petit séminaire Saint-Pie X.
Le nouveau procès s’est tenu du 14 octobre 2020 au 6 octobre 2021 et a abouti à l’acquittement du père Martinelli, notamment par manque de preuves et prescription des faits. A aussi été acquitté, en raison de la prescription des faits, le père Enrico Radice, ancien directeur du petit séminaire, qui était aussi mis en cause pour avoir servi de complice au père Martinelli. L’accusation avait fait appel.
Au terme de cette procédure en appel, seul le premier chef d’accusation – corruption de mineurs – a finalement été retenu contre le père Martinelli, les autres chefs d’accusation étant écartés faute de preuves. En outre, le chef d’accusation retenu par la cour d’appel ne porte que sur une période limitée de temps, l’accusé ayant moins de 16 ans avant août 2008 – et n’est donc pas condamnable selon le droit de la Cité du Vatican.
Le père Martinelli est donc condamné à 2 ans et demi de prison et 1’000 euros d’amende. Pour l’heure, le président de la cour d’appel, le juge Alejandro Arellano Cedillo, n’a pas encore publié les motivations qui l’ont poussé à revenir sur une partie du verdict prononcé par le tribunal du Vatican en première instance.
En l’attente de ces motivations, l’avocate du plaignant, Me Laura Sgrò, s’est dit «satisfaite de cette première condamnation» pour abus, parlant d’un «jugement historique». Elle a néanmoins annoncé son souhait de se pourvoir en cassation pour obtenir une «justice complète» parce que plusieurs chefs d’accusation présentés par son client n’ont pas été retenus, et estime probable que la défense conteste elle aussi la décision.
L’avocate espère que ce jugement incitera «à une étude plus approfondie et à une réflexion plus poussée sur la question des abus dans l’Église». Elle considère en outre que cette décision doit pousser le diocèse de Côme – dont dépendait le petit séminaire Saint-Pie X et où est incardiné le père Martinelli – à «prendre des mesures», notamment pour éviter que soit ordonnée prêtre une personne ayant commis des abus en amont. L’actuel évêque de Côme est le cardinal Oscar Cantoni. (cath.ch/imedia/cd/gr)
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