New-York: Mgr Renato Martino à la 53e Assemblée générale des Nations Unies
New-York, 11 novembre 1998 (APIC) La «sécurité du peuple d’Israël» dépend du respect des «droits des Palestiniens», a rappelé lundi à l’ONU Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New-York. Le lendemain, il a dénoncé les formes de totalitarisme qui «continuent de détruire la liberté de personnes ou de groupes».
L’intervention de Mgr Martino se situe dans le contexte de la signature à Washington de l’accord de Wye Plantation, le 23 octobre dernier, entre le Premier ministre israélien Benjamin Nethanyahou et le Président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat.
La ratification de cet accord par le gouvernement israélien a été remise en cause deux fois, en particulier, après l’attentat du Marché Yehouda, à Jérusalem, qui a fait deux morts et une vingtaine de blessés. Elle a été annoncée mercredi comme imminente par Radio Vatican.
Malgré des réserves émises, Mgr Martino souhaite sa mise en œuvre rapide: «Ma délégation presse la communauté internationale de donner son appui aux artisans du Mémorandum de Wye Plantation afin que soient réalisées la sécurité des citoyens d’Israël et le respect des droits et des libertés fondamentaux ainsi que la reconnaissance du droit à une patrie pour le peuple palestinien». «La sécurité du peuple d’Israël sera seulement garantie lorsque seront assurés les droits des Palestiniens à la liberté de culte, l’accès à l’éducation, aux soins médicaux et à l’emploi», a-t-il dit.
A propos du statut de Jérusalem, Mgr Martino a souhaité des garanties internationales à un futur statut permanent de la Ville Sainte. Il refuse à ce sujet de faire la distinction entre la question des Lieux saints et la question de Jérusalem.
«Il est évident que les Lieux Saints tirent leur signification et leur utilisation cultuelle et culturelle de leur connexion intime avec son environnement immédiat, qui ne doit pas être compris en termes simplement géographiques mais aussi dans ses dimensions urbaine, architecturale, et surtout de communauté humaine et institutionnelle. C’est pourquoi, il est faux que le Saint-Siège soit uniquement préoccupé de l’aspect religieux indépendamment de l’aspect politique et territorial de la question», a précisé Mgr Martino.
Enfin, le représentant du Saint-Siège a mentionné l’Université de Bethléem. Fondée par le pape en 1973, elle n’avait alors qu’une poignée d’étudiants. Elle en accueille maintenant 2050, dont 60% de musulmans. «Les diplômés de l’Université de Bethléem sont préparés à travailler efficacement dans leur société pour apporter la prospérité nécessaire à la fois à la sécurité d’Israël et au peuple palestinien», a souligné Mgr Martino.
Mgr Martino dénonce le totalitarisme
Au cours de son intervention, mardi, à propos de la «culture de la paix», l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, a cité l’encyclique du pape Jean-Paul II «Fides et Ratio». La paix dans le monde dépend du respect des valeurs fondamentales, en particulier de la «recherche de la vérité». C’est pourquoi il a dénoncé la permanence, au lendemain de la chute du rideau de fer, de formes de totalitarisme «qui continuent de détruire la liberté de personnes ou de groupes».
«Le totalitarisme dans toutes ses multiples formes, nie la dignité de chaque personne, transformant les personnes et les groupes, de sujets de droits qu’ils sont, en objet à utiliser. Il y a, en fait, une relation inséparable entre la vérité et la liberté», a conclut Mgr Martino. (apic/imed/ab)
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