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Rome: Publication de l’Instruction sur la coopération missionnaire
Gare à ne pas priver les jeunes Eglises de leurs forces apostoliques
Rome, 13 novembre 1998 (APIC) La Congrégation romaine pour l’Evangélisation des peuples (CEP) a publié vendredi une « Instruction sur la coopération missionnaire ». Datée du 1er octobre 1998, fête de Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, elle est signée par le cardinal Jozef Tomko, préfet, et par Mgr Marcello Zago, secrétaire du dicastère. Gare à ne pas priver les jeunes Eglise de leurs forces apostoliques, met en garde la Congrégation dans ses directives romaines.
L’Instruction contient des « normes et directives » pour assurer une meilleure coordination de la coopération missionnaire à la fois entre les conférences épiscopales et la Congrégation, et entre les différents organismes concernés. Elle met en garde contre certains abus, comme la tendance à priver les jeunes Eglises de « forces apostoliques » en faisant venir des prêtres ou des religieuses dans les pays de vieille tradition chrétienne mais en perte de vocations.
Ce document de 24 pages a été présenté à Jean Paul II pour approbation le 10 septembre dernier, lors de l’audience accordée par le pape aux membres de l’Assemblée plénière du dicastère. Il se place dans la continuité avec l’instruction « Quo aptius » de Paul VI (1969), qui « avait besoin d’une révision générale ». L’instruction se donne trois grands objectifs: confirmer les principaux objectifs doctrinaux de la coopération missionnaire; donner des dispositions, spécialement sur les rapports entre la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples et les Conférences épiscopales; encourager et préciser la réalisation de certaines initiatives, en particulier en faveur des jeunes Eglises.
La coopération missionnaire est définie, au sens large, comme « la participation des communautés ecclésiales et des fidèles » à la mission de l’Eglise « par la prière, le témoignage, le sacrifice, le don-offrande de son travail et de ses aides », participation qui est un « droit-devoir » de « tous les baptisés ».
Des formes nouvelles de coopération missionnaire
La nouveauté du document vient de l’attention accordée en fin de parcours aux « formes spéciales et nouvelles » de coopération missionnaire – tourisme, visites ou séjours d’étude ou de travail, mais également la « première évangélisation » des populations immigrées en pays de tradition chrétienne.
Un paragraphe entier (l’avant-dernier, n° 20) est consacré à la situation particulière créée par « le manque de vocations dans certaines d’Eglises d’antique fondation », qui « incite à chercher du personnel, surtout des prêtres et des religieuses, dans les territoires de mission, en échange d’autres aides, surtout économiques ». L’instruction dénonce les conséquences de cet état de fait: « même avec les meilleures intentions, les jeunes Eglises sont privées de forces apostoliques considérables, absolument indispensables pour leur vie chrétienne et pour le développement de l’évangélisation parmi les populations en grande partie non baptisées ».
Le tourisme, affirme le document, « demande aux chrétiens un engagement de témoignage de foi et de charité évangélique, ainsi qu’une attitude respectueuse pour un échange interculturel ».
« Dans des pays d’antique tradition chrétienne, très souvent se forment des groupes de non-chrétiens, qui ne sont pas facilement repérables ou quantifiés, pour lesquels une première évangélisation s’impose », signale l’instruction. Elle précise que « la commission épiscopale pour les Missions, en contact avec les OPM, doit éprouver le besoin de s’intéresser à ces immigrés ».
Après avoir réaffirmé l’importance des prêtres « Fidei Donum » (prêtres diocésains mis à la disposition d’autres Eglises qui manquent de forces apostoliques), de l’envoi même temporaire de religieux ou de laïcs dans une circonscription missionnaire, l’instruction rappelle les « conditions de validité » de « l’envoi personnel » suppose une consultation avec la CEP et la conférence épiscopale d’origine.
L’instruction pose également, dans la première partie, les principes doctrinaux (caractère trinitaire de la mission de l’Eglise, responsabilité universelle des baptisés, nécessité d’un « échange de charité ecclésiale », rôle et autorité de la CEP), avant de traiter dans une seconde partie des dispositions pratiques concernant le fonctionnement des différents organismes et leur « coordination ».
Le rôle des oeuvres pontificales Missionnaires
La priorité des quatre OPM, nées de façon « charismatique » mais tenant leur autorité du fait qu’elles ont été reconnues par l’Eglise, est fermement rappelée: l’oeuvre de la propagation de la foi (pour susciter l’intérêt pour la mission), l’oeuvre de l’Enfance missionnaire (chargée éveiller la conscience missionnaire des enfants), l’oeuvre de Saint Pierre Apôtre (qui sensibilise les baptisés à l’importance du clergé local dans les missions) et l’Union pontificale missionnaire (formation et sensibilisation missionnaire des prêtres). « Instrument officiel de l’Eglise universelle », elles ont un directeur national, nommé par la CEP et chargé de promouvoir et de diriger ces OPM sur le territoire national; ils sont aussi chargés de faire parvenir rapidement aux secrétariats généraux et à la CEP les fruits des collectes en faveur des missions, offrandes qui ne doivent en aucun cas être affectées à d’autres fins.
En même temps, l’instruction rappelle le rôle central de la CEP, à laquelle le pape a confié la haute direction des OPM, afin d’assurer la coordination et la direction entre les différents organismes concernés: instituts de vie consacrée, sociétés de vie apostolique, associations laïques, mouvements chrétiens, groupes de bénévoles. Pour ce qui est des relations entre ces organismes, la CEP, les Conférences épiscopales et les évêques, elles exigent « sur le plan opératif », précise l’instruction, « une programmation ordonnée, réalisée dans un esprit de collaboration efficace », dans le respect de leur « juste autonomie ». Le document suggère par exemple que le directeur national des OPM soit secrétaire de la commission épiscopale pour les missions.
L’instruction rappelle ainsi le rôle des structures au niveau des conférences épiscopales et des diocèses: directeurs diocésains des OPM, conseil missionnaire national, commission épiscopale pour les missions, cette dernière devant à la fois promouvoir les OPM, veiller à l’acheminement des offrandes, proposer à la conférence une participation financière, « les contributions spontanées des fidèles n’étant pas suffisantes ». (apic/cip/pr)
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