«La famille est antérieure à l’Etat»
Rome, 16 novembre 1998 (APIC) Le Conseil pontifical pour la famille a publié lundi les conclusions de la seconde rencontre des responsables politiques et législateurs d’Europe tenue au Vatican du 22 au 24 octobre sur les droits de l’homme et les droits de la famille. Outre «un mépris des droits de la famille et de la vie», ce document de 5 pages dénonce «des tentatives de détournement des droits de l’homme» et appelle les responsables politiques à «reconnaître et aider la famille», car celle-ci «est ’’antérieure à l’Etat et plus nécessaire que lui».
Le document se réfère à quatre articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme pour dénoncer autant de violations. A commencer par le «droit à la vie» (art. 3), violé par l’avortement, la destruction d’embryons et l’euthanasie.
Le «droit au respect de la vie privée et à la réputation» (art. 12), est atteint par les campagnes de presse, " accusations calomnieuses " et autres " étiquetages discriminatoires " (du genre " fondamentalistes «, " chevaliers de l’ordre moral «, " activistes pro-vie «), et la «moquerie " visant les jeunes " qui résistent à la licence sexuelle «.
Vont à l’encontre le " droit au mariage et à fonder une famille " (art. 16) " la dévaluation de l’institution matrimoniale «, mais aussi " l’apathie des pouvoirs publics face à la dérive éthique dans la société (promiscuité des jeunes, cohabitation sans engagement et sens de la responsabilité, développement d’une homosexualité revendicatrice et même prosélyte sans respect des autres et des institutions existantes, la politique de logement défavorable à la famille «.
Pour ce qui est du " droit des parents à choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants «, le document relève qu’il est contredit par " l’abus dans l’éducation sexuelle donnée aux enfants en milieu scolaire ou para-sanitaire, la contraception et parfois l’avortement des adolescentes soustraites à la tutelle des parents ; la limitation de la liberté des parents de choisir pour leurs enfants une éducation et un enseignement conforme à leurs convictions «.
De " soi-disant nouveaux droits «
Le document dénonce aussi des tentatives de détournement des droits de l’homme, en particulier lors des conférences internationales du Caire (1994) et de Pékin (1995), par de " soi-disant nouveaux droits «, comme la " santé reproductive " (incluant l’avortement), le «droits des adolescents à la pratique de la sexualité " (hétéro ou homosexuelle), et " en ayant recours à des moyens contraceptifs «.
Le texte poursuit sa dénonciation en analysant les philosophies sous-jacentes aux comportements : " Ces dérives, et d’autres, comme le suicide assisté, le développement de l’homosexualité, de la pédophilie, trouvent leur inspiration aussi dans des philosophies utilitaristes, agnostiques, voire pragmatistes, nihilistes et scientistes […], ainsi que dans l’idéologie du ’’gender’’. Il dénonce encore une tentative de " provoquer une rupture dans la signification des droits de l’homme et en fait de les détourner de leur sens profond «, en épinglant " l’influence idéologique exercée par le New Age «.
Les responsables politiques réunis à Rome s’engagent par conséquent à «promouvoir et défendre les droits de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme «, qui est " une institution naturelle pourvue d’effets juridiques contraignants " que la société " doit défendre comme un bien dont dépend son avenir «. Citant Aristote, la déclaration réaffirme que " la famille est ’’antérieuré à l’Etat et plus nécessaire que lui «. Les signataires exigent que soit respectées " l’autonomie et la ’’souveraineté’’ de la famille «, et que les relations entre la famille et la société soient réglées par le principe de la " subsidiarité».
En particulier, cette déclaration demande que " la législation et la politique sociale protège le rôle des mères «, de façon qu’elles puissent exercer leur tâche d’éducatrices sans être empêchées de " participer, dans des conditions d’égalité, à la vie de la société, que cela soit professionnellement ou sur la scène politique «. A propos de " l’implosion démographique " dont souffre l’Europe, il demande l’amendement des législations qui " ne soutiennent pas le mariage et la procréation en venant en aide à l’éducation des enfants dans le foyer familial «. Pour ce qui est enfin de l’intégration européenne, les participants au colloque romain demandent que les pays de l’Est qui demandent à entrer dans la Communauté européenne ne soient pas soumises à des pressions visant à leur faire accepter " certains programmes à la morale douteuse " (apic/cip/imed/pr)
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