Pakistan: 9 chrétiens assassinés
Peshawar, 19 novembre 1998 (APIC) Neuf membres d’une famille chrétienne pakistanaise, dont des enfants, ont été assassinés dans leur maison à Nowshera, à 40 km de Peshawar, ville frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan qui accueille un million et demi de réfugiés de ce pays. Selon la police pakistanaise, le père, John Bhatti, a dans le passé travaillé pour l’armée et il habitait dans un logement militaire avec sa femme, sa fille et des neveux, dont un bébé de huit mois. Les auteurs du massacre n’ont pas été identifiés.
Selon le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, «L’Avvenire», le climat d’intolérance et d’intimidation contre la minorité chrétienne (moins de 2 % de la population, sur 120 millions d’habitants) grandit au Pakistan. Selon la même source, la situation est rendue encore plus inquiétante par les déclarations faites ce 18 novembre par le Premier ministre Nawaz Sharif, qui tente de faire passer un amendement constitutionnel qui imposerait au pays la loi islamique. «Je voudrais au Pakistan, a-t-il déclaré devant les sénateurs, un système judiciaire comme celui des Taliban en Afghanistan, où le crime a été pratiquement anéanti. Ce type de justice mettrait fin à l’oppression et apporterait la prospérité».
Sharif, précise «L’Avvenire», apprécie en particulier la rapidité du système des Taliban, y compris la pendaison des violeurs le jour même de leur arrestation. La riposte de l’opposition et des groupes de défense des droits de l’homme a été «très dure», indique la même source.
En mai dernier, tandis que se déroulait le synode des évêques pour l’Asie, l’opinion publique avait été alertée par le suicide de l’évêque de Faisalabad, Mgr John Joseph, 65 ans, dans la cour du tribunal de Sahival, à quelque 700 km au sud d’Islamabad. L’évêque, qui avait été vice-président de la Conférence épiscopale et qui présidait la commission Justice et Paix pakistanaise, protestait contre la condamnation à mort, quelques jours plus tôt, d’un jeune chrétien accusé de blasphème et contre l’absence d’aide dans sa tentative de le sauver. Auparavant, trois autres chrétiens avaient été condamnés à mort au Pakistan, pour des motifs semblables. Ils avaient toutefois réussi à fuir à l’étranger. (apic/imed/pr)
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