Suisse: Consultation oecuménique: 100 personnes à Berne pour un bilan intermédiaire
Berne 22 novembre 1998 (APIC) La consultation œcuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse lancée au mois de janvier dernier par les Eglises n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Si le texte de base a été vendu à 30’000 exemplaires, seules 117 prises de position sont parvenues à Berne. Le bilan provisoire dressé vendredi à Berne par une centaine de personnes se veut néanmoins positif. De très nombreux groupes se sont mis en route à tous les niveaux. Le fait que les Eglises entendent participer par ce moyen au débat social est généralement bien reçu.
Pour les organisateurs il s’agit maintenant de redonner une impulsion pour que les réponses arrivent en suffisance jusqu’au délai de fin juin 1999. Chaque réponse sera soigneusement analysée par des groupes de travail ad hoc, afin d’en tirer à la fois des éléments d’analyse et des propositions de solutions. Cette évaluation sera rendue publique et servira de base pour l’engament des deux Eglises commanditaires de la démarche, l’Eglise catholique par la Conférence des évêques suisses et la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS).
Les Eglises cantonales et les diocèses devront faire des efforts supplémentaires: Ainsi le travail de relations publiques devra être amélioré. En outre de meilleures relations doivent être établies avec les jeunes, les migrants et les représentants d’autres religions. Les contacts avec les partis politiques et les associations économiques et les entrepreneurs doivent également être renforcés.
Dialogue difficile entre Eglises et économie
La difficulté de la discussion entre l’Eglise et l’économie a été illustré par un débat qui a confronté Jacques Zwahlen. directeur de Veillon SA, à Vevey au pasteur Lukas Schwyn, membre de la commission «Travail et économie».
Pour Jacques Zwahlen, les difficultés ont trois causes principales. L’indifférence de l’économie face aux questions de morale et d’éthique est largement répandue. En outre dans un pays de tradition chrétienne comme la Suisse les valeurs de base apparaissent avec une certaine «évidence» qui fait qu’elles ne sont pas objet de discussion. Enfin un certain langage théologique et ecclésial semble ne tenir guère compte des problèmes quotidiens de l’être humain d’aujourd’hui. Jacques Zwahlen a reconnu que l’économie ne saurait travailler sans cadre éthique. Concrétiser ce cadre reste cependant en première ligne la tâche de la politique et de la société, mais les entrepreneurs aussi devrait utiliser leurs marges de manoeuvre.
Lukas Schwyn constate surtout l’absence d’instruments pour un dialogue réel et durables entre les Eglises et l’économie. Si le dialogue public est difficile car des conflits apparaissent rapidement, les discussions plus informelles peuvent être un point de départ pour faire l un apprentissage réciproque. (apic/com/mp)
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