Le COE n’a pas su trouver la nature de l’unité recherchée

Paris: Le pasteur Tartier et Mgr Jérémie invités de l’AJIR

Paris, 23 novembre 1998 (APIC) Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) n’a pas su trouver la nature de l’unité recherchée, estiment le pasteur Tartier, président de la Fédération protestante de France, et Mgr Jérémie, président du Comité interépiscopal orthodoxe de France. L’un et l’autre ont fait part de leurs impressions, tantôt négatives tantôt positives à l’égard de l’Organisation œcuménique qui tiendra en décembre sa 8e Assemblée générale, à Harare, au Zimbabwe.

Au cours lors d’un débat organisé à Paris par l’Association des journalistes de l’information religieuse (AJIR) française, le pasteur Tartier et Mgr Jérémie se sont déclarés convaincus qu’il faut redéfinir tant l’identité que l’avenir du COE. Une des solutions, ont-ils dit, serait la création d’un forum ouvert à la totalité des confessions chrétiennes. Mgr Jérémie a confirmé que toutes les Eglises orthodoxes seront représentées à Harare – sauf celles de Géorgie et de Bulgarie – mais qu’elles ne participeront pas à tous les votes. Elles ne s’associeront pas non plus aux prières liturgiques communes.

Concernant le choix du Zimbawe, le pasteur Tartier a rappelé que la dernière assemblée du COE en Afrique remonte à 1975, à Nairobi. Le choix de l’Afrique australe est heureux, estime-t-il, eu égard aux situations de réconciliation encore fragiles qui s’y vivent, en Afrique du Sud notamment. « Le contexte local jouera beaucoup sur l’ordre du jour ». Et de souligner que le COE doit s’interroger sur son avenir et son identité. « Le souci premier du COE était de maintenir l’équilibre dialectique entre la recherche d’une unité spirituelle/théologique et l’engagement social. Au cours des 50 ans du COE, l’un ou l’autre accent a pris le dessus. Il nous faut retrouver cet équilibre », a souligné le pasteur Tartier en évoquant la possibilité d’un grand forum conciliaire ouvert à toutes les Eglises chrétiennes, évangéliques et pentecôtistes comprises.

Cette structure « ne serait pas une superstructure supplémentaire mais un organisme léger de consultation apte à faire entendre une parole chrétienne commune à des moments clés de l’actualité internationale, comme le fait le Conseil des Eglises chrétiennes en France (CECF). Mgr Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a donné son accord de principe ».

Domaine ecclésiologique pas assez souligné

.De son côté, Mgr Jérémie a souligné le travail positif du COE, « l’extraordinaire mobilisation mondiale » suscitée par lui et le poids du témoignage d’unité des chrétiens pour la construction de l’Europe, en quête d’une identité spirituelle ». Le domaine ecclésiologique au coeur du mouvement oecuménique n’a pas été assez souligné, a cependant regretté Mgr Jérémie. Et de préciser que ce n’est pas la première fois que les Eglises orthodoxes manifestent « des réticences concernant les pratiques du monde occidental » et « le contexte délicat de sociétés qui luttent pour leur existence et leur grande carence spirituelle ».

Le patriarcat de Moscou sera représenté, mais on ne sait pas encore si sa délégation sera substantiellement réduite. Les Eglises orthodoxes s’associeront-elles aux prières communes ? « La question se pose continuellement tant dans nos relations avec les protestants qu’avec les catholiques. Pour la prière sacramentelle, le partage du culte est impossible. C’est une question capitale à éviter. Mais ce n’est pas un refus d’être ensemble dans des moments de recueillement et d’ouverture du coeur. Le contexte liturgique orthodoxe fait que nos Eglises n’adhèrent pas à des formes de prière et culte communs modernes: cela suscitent des protestations dans le peuple. Or, pour les Eglises orthodoxes, l’approbation du peuple est nécessaire ». (apic/jcn/pr)

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