Activistes écologistes collés au Laocoon: verdict le 12 mars 

Le verdict de l’appel interjeté par les deux activistes climatiques condamnés par la Justice vaticane pour avoir endommagé la sculpture du Laocoon des Musées du Vatican, a été renvoyé au 12 mars 2024. C’est la décision du juge de seconde instance du Vatican, Mgr Alejandro Arellano Cedillo, le 14 février, à l’issue d’une audience qui a vu les plaidoiries des parties au procès. 

Le 18 août 2022, Guido Viero et Ester Goffi, deux activistes italiens de l’association «Ultima Generazione» avaient collé leur main sur la fameuse statue du Laocoon – datant probablement du premier siècle avant ou après Jésus-Christ – redécouverte au XVIe siècle et conservée dans les Musées du Vatican. Ils voulaient protester contre le manque d’investissement du gouvernement italien dans les énergies durables.

Dans ce procès qui s’est ouvert en mai 2023, la justice vaticane reproche aux lobbyistes des dommages sur «monument public de valeur historico-artistique inestimable» à l’aide d’un adhésif «tenace et corrosif». En première instance, le juge Giuseppe Pignatone a prononcé le 12 juin une condamnation à plus de 29’000 euros de dommages et intérêts et 9 mois de prison avec sursis. 

À la fin de l’audience de seconde instance, à laquelle a assisté I.MEDIA, le président de la cour d’appel, Mgr Alejandro Arellano Cedillo, assisté de deux autres juges, a décidé de différer la sentence, pour avoir le temps d’étudier des documents déposés par la partie civile – représentant le gouvernorat de la Cité du Vatican.

Il s’agit, a expliqué l’avocate Floriana Gigli en marge de l’audience, de coupures de presse où les deux Italiens condamnés reprochaient au pape François de se contenter de paroles, à défaut d’action réelle pour l’écologie. Des propos qui viennent contredire les déclarations des deux condamnés assurant n’avoir pas voulu viser personnellement le pontife.

Lors de cette audience d’appel – longue de deux heures –, l’avocate de la défense a critiqué le manque de prise en compte – en première instance – de «l’aspect psychologique» des deux accusés, qui avaient «exclu» tout dommage sur l’œuvre d’art, en choisissant une colle présentée comme inoffensive. Elle a fait valoir que leur acte était dénué de «volonté intentionnelle» de dégradation, ce qui relativisait leur faute, requérant la relaxe ou un allègement de la peine. 

L’avocate de la partie civile, Floriana Gigli, a souligné au contraire que les accusés avaient bien commis les faits reprochés, et avaient sciemment enfreint les règles, franchissant le cordon de sécurité «sans scrupules», usant «volontairement» de la colle «corrosive», et créant une «agitation» dans un lieu «emblématique de la culture». Leur action, a-t-elle insisté dans sa plaidoirie, n’a «pas de connotation pacifique, mais violente», et n’a «même pas de contenu écologique». 

Des dommages estimés à 3148 euros

Floriana Gigli a estimé que les représentants d’Ultima generazione avaient «instrumentalisé» l’État du Vatican et a demandé le rejet du recours et la confirmation de la première sentence. Le procureur, Catia Summaria, a également demandé aux juges de rejeter l’appel, arguant que la lutte pour l’environnement était inscrite dans le cadre plus large de la «création», qui incluait aussi les œuvres de main d’homme comme le Laocoon. 

Dans une déclaration spontanée, l’accusée Ester Goff a nié toute volonté d’endommager le Laocoon, assurant qu’ils étaient entrés dans les Musées du Vatican pour «envoyer un message» en tant que «citoyens préoccupés». Elle a estimé que la «violence» était à imputer plutôt aux «indifférents» climatiques, et a expliqué aussi avoir voulu «attirer l’attention du pape», qui a «une grande influence morale au niveau mondial».

Les travaux de restauration engagés par le Vatican pour réparer les dommages subis par la sculpture d’époque romaine ont été estimés à 3148 euros. 

Une troisième activiste, Laura Zorzini, qui avait été condamnée à 120 euros pour avoir filmé et diffusé l’action sur les réseaux sociaux et refusé d’obéir aux forces de l’ordre, n’a pas fait appel. (cath.ch/imedia/ak/bh)

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