Espagne: Assemblée mondiale des mouvements ruraux catholiques (FIMARC)
Madrid, 24 novembre 1998 (APIC) La situation des ruraux partout dans le monde est de plus en plus critique. Le fossé se creuse toujours plus entre les riches et les pauvres à l’intérieur de nombreux pays et entre les pays eux-mêmes. Tel est le constat de la Fédération internationale des mouvements d’adultes ruraux catholiques (FIMARC) à l’issue de sa Xe rencontre mondiale à Miajadas, en Espagne du 19 octobre au 7 novembre.
90 délégués de 43 pays ont échangé durant trois semaines sur le thème : " Tournés vers le troisième millénaire, nous réaffirmons notre engagement et notre lutte au service d’un développement harmonieux qui respecte la dignité et la vie de tous «. Les femmes et les enfants sont les plus affectés, par la crise qui touche le monde rural, rappelle la résolution finale. Parmi les jeunes la criminalité augmente de façon inquiétante. Les participants ont dénoncé " le système économique dominant qui s’approprie les ressources naturelles […], voire même les ressources humaines elles-mêmes pour en faire, à travers les politiques de privatisation et de libéralisation, de simples marchandises «. Ainsi, " la concentration des terres s’appuie sur une agriculture industrielle de plus en plus chimique et sur un ensemble de manipulations génétiques «.
La FIMARC met en cause également l’attitude des instances internationales telles que le FMI et la Banque Mondiale pour imposer les politiques nationales d’ajustement structurel, ou encore de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), pour imposer les conditions des marchés économiques régionaux (Mercosur, Alena, Pac, Accords de Lomé, etc.) On change les lois en faveur «d’une minorité qui finalement contrôle toute l’économie «.
«L’économie de marché, qui endette les gens et les prive de la sécurité alimentaire élémentaire et du droit à la souveraineté sur leur alimentation «, détruit les structures locales et nationales d’échanges commerciaux, promeut le consumérisme à travers les médias, détruit la vie sociale, les systèmes de valeurs et la culture des peuples, et " finalement détermine tout le système économique en détruisant les fondements même de la démocratie «, déplore la FIMARC
Ce système exacerbe les conflits ethniques, encourage le repli des communautés sur elles-mêmes, favorise le fondamentalisme ou encore l’individualisme. Le mouvement dénonce particulièrement «certains gouvernements qui édictent des lois discriminatoires, instruments de persécution pour les peuples indigènes «.
Vivre en harmonie avec la nature et avec Dieu
Les participants disent leur volonté de promouvoir un développement harmonieux, qui respecte le «vivre ensemble» en harmonie avec la nature et avec Dieu, et de placer la personne humaine au centre de ce développement, en mettant le système économique et politique au service de tous, «première responsabilité des États «. Promouvoir un tel développement, c’est aussi, soulignent-ils, en conformité avec la foi chrétienne, vivre la solidarité dans un engagement prophétique qui dénonce toutes les formes d’injustice, valorise la culture de chaque peuple et en reconnaît les valeurs, dialogue avec d’autres religions à partir des valeurs communes et d’actions communes concrètes.
Les délégués de la FIMARC soutiennent la lutte des peuples indigènes pour se réapproprier leurs domaines traditionnels et faire reconnaître leur identité culturelle propre. Ils réaffirment leur volonté de «travailler à la promotion intégrale de la femme en privilégiant notamment son rôle actif dans les organisations économiques, politiques, sociales et culturelles». Ils réclament pour les enfants, les jeunes et les adultes une éducation de qualité «qui les respecte dans ce qu’ils sont et les aide à grandir en dignité». (apic/cip/mp)
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