L’Eglise n’a pas à dresser de «listes noires»
Brasilia, 1er octobre 1998 (APIC) A la veille des élections nationales, qui se dérouleront dimanche, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué l’initiative du cardinal Eugenio Sales, archevêque de Rio, qui a dénoncé nommément dans une liste noire les candidats " qui ne méritent pas le vote des catholiques «.
Fort de son «devoir de pasteur d’alerter les fidèles», le cardinal Sales a pris cette initiative parce que «la conscience chrétienne ne permet pas d’apporter son soutien à un candidat dont les engagements vont transgresser la loi naturelle et la loi de Dieu». Une affiche en grosses lettres noires placardée à l’entrée des églises de Rio et de Niteroi énumère ainsi les noms de 36 candidats aux élections législatives et régionales. La plupart se présentent sur des listes de gauche. Parmi eux, un sénateur et deux députés très connus.
La Conférence nationale des évêques du Brésil a désavoué l’initiative. L’Église ne doit pas présenter de noms, ni de candidats pour qui voter, ni de candidats à exclure, nous sommes pour la liberté et la pluralité du vote», a protesté Mgr Jayme Chemello, nouveau président de la CNBB.
Comme à chaque fois, l’Eglise catholique, qui entend jouer son rôle d’éducation et d’éveil des consciences, s’est mobilisée pour aider les Brésiliens à réfléchir aux enjeux du scrutin et à ne pas voter en fonction de pressions subies. Le Conseil permanent de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a publié le 27 août une déclaration rappelant aux électeurs qu’ils ont à se décider en fonction des " propositions des candidats face aux problèmes sociaux que le pays n’est pas encore parvenu à résoudre «. Mais elle rappelait aussi que l’Église n’intervient pas en faveur de tel ou tel parti mais «cherche à stimuler la participation consciente et responsable de tous dans le processus électoral».
La liste noire du cardinal Sales pour sa part classe les candidats à exclure du vote catholique en quatre catégories : en fonction de leurs prises de position en faveur de l’avortement (toujours interdit au Brésil), de la légalisation du jeu, du mariage entre homosexuels et contre l’enseignement religieux dans les écoles publiques. (apic/cip/cx/bim/mp)
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