Protestation contre des sanctions qui frappent les innocents
Rome, 1er octobre 1998 (APIC) « L’unique effet certain des sanctions contre l’Irak est l’énorme souffrance causée à toute la population et surtout à ceux qui sont plus faibles et sans défense ». le nonce apostolique à Bagdad, Mgr Giuseppe Lazzarotto, a commenté ainsi sur Radio Vatican la démission le 29 septembre de Denis Halliday, coordinateur de l’ONU pour le programme » Pétrole contre nourriture » mis en place en Irak. En démissionnant, Denis Halliday a voulu protester contre les sanctions qui « nuisent à la population innocente « .
Pour le nonce « la levée des sanctions ne serait pas seulement un geste de solidarité, dit-il, mais le seul vrai geste de solidarité dont l’Irak a besoin et qui maintenant lui est dû dans la mesure où chaque pays a le droit de jouir de conditions de vie normale ».
Les sanctions économiques ont été imposées à l’Irak il y a huit ans, au lendemain de la Guerre du Golfe. Pour Denis Halliday, Irlandais de 57 ans, à l’ONU depuis 30 ans et en Irak depuis 13 mois, ces sanctions « ne servent pas les États qui les imposent, et elles ne touchent pas le gouvernement ». En revanche, elles ont beaucoup affaibli la population irakienne, provoquant l’immigration, la mortalité infantile et une criminalité, pratiquement inconnue auparavant dans le pays.
« L’embargo décrété contre l’Irak est incompatible avec la Charte des Nations Unies, ainsi qu’avec les Conventions sur les droits de l’homme et les droits des enfants » relevait en quittant Bagdad mardi, le fonctionnaire de l’ONU. Le nonce apostolique, demande « une réflexion sérieuse sur la façon dont on applique les sanctions, afin qu’elles ne deviennent pas, comme c’est actuellement le cas en Irak, une punition collective et généralisée « .
Selon Mgr Lazzarotto, l’accord conclu le 23 février dernier entre les autorités irakiennes et le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, n’a pas amélioré les conditions de vie de la population. » Cet accord avait suscité de grandes espérances, dit-il, surtout parce qu’il semblait inaugurer un style de relations différent entre les deux parties en présence. Malheureusement les espérances suscitées alors n’ont pas encore été confirmées et les conditions de vie du peuple irakien empirent de jour en jour, et il en sera ainsi tant qu’on n’en arrivera pas à une levée totale des sanctions ».
Dans ce contexte, l’Eglise catholique a pris de nombreuses initiatives, en particulier à travers la Caritas-Irak. La Caritas gère de nombreux projets pour le compte de l’épiscopat : aide alimentaire aux familles, dispensaires, allocation aux étudiants des écoles supérieures et des universités, réimplantation des familles chrétienne du Kurdistan irakien.(apic/cip/imed/mp)
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