Le cardinal Stepinac, dans le collimateur du régime Tito

En mai 1945, la Croatie se retrouve comme partie de la Yougoslavie et sous la domination d’un régime communiste. On essaie de faire taire le cardinal Stepinac. Même Tito en personne intervient. Stepinac est arrêté une première fois le 17 mai 1945 pendant seize jours. Nonobstant, une Lettre pastorale des évêques catholiques de Yougoslavie est publiée le 22 septembre. Stepinac est l’un des premiers signataires. Les évêques réclament la liberté religieuse et le respect des droits de l’homme, à savoir, « la pleine liberté de la presse catholique, la pleine liberté des écoles catholiques, la pleine liberté de la catéchèse dans toutes les écoles primaires et secondaires, la pleine liberté des associations catholiques, la liberté de l’action caritative catholique, la pleine liberté de la personne humaine et de ses droits inaliénables, le plein respect du mariage catholique, la restitution de tous les établissements et des instituts expropriés ».

La réponse ne se fit pas attendre: il est fut de nouveau arrêté et son procès commence le 30 septembre. Il se conclut le 11 décembre par la condamnation de l’archevêque pour « crime de collaboration ». Ce n’est qu’en 1992 que le parlement croate le réhabilitera officiellement.

Stepinac avait lui-même plaidé son innocence en disant : « A toutes les accusations qui sont dirigées contre nous directement ou indirectement, nous pouvons dire: nous n’avons rien à nous reprocher. Notre conscience est limpide et en paix devant Dieu, … face au Saint-Siège qui pourra évaluer toutes nos actions sur la base de la documentation originale, … devant les catholiques, … devant le peuple croate, … auquel nous appartenons par volonté de Dieu et nous servons de toute notre âme dans notre position, sans tenir compte des divers aspects politiques ni des partis politiques… je suis prêt à donner ma vie à n’importe quel moment ».

Il fut emprisonné le 19 octobre 1946. Mais, sous la pression de l’opinion publique internationale, il fut transféré dans sa paroisse natale de Krasic, où il fut assigné à résidence. Le 12 janvier 1952, il apprit que Pie XII le créait cardinal, ce que Tito allait prendre comme une attaque personnelle et il allait rompre avec le Saint-Siège. Stepinac, pour sa part, refusa de se rendre à Rome de peur de ne plus pouvoir ensuite rentrer dans son pays. « La pourpre cardinalice veut dire le sang », disait-il alors, estimant que son devoir était de « souffrir et de travailler pour l »Eglise ». Il mourut des suites d’une maladie, certains parlèrent d’empoisonnement. Mais Jean Paul II ne fait aucune allusion à ce genre de mort, qui, pour le coup, aurait constitué une forme « classique » de martyre. (apic/asb/imedia/be)

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