Un rapport qualifié de «stupide» par des responsables chrétiens
Jérusalem, 4 octobre 1998 (APIC) Selon un rapport des services de sécurité israéliens, dont une partie a été publiée dimanche par les journaux israéliens, le gouvernement de Netanyahou craint une mainmise palestinienne sur les Eglises chrétienne de Terre Sainte. Des responsables chrétiens à Jérusalem, qui ont souhaité gardé l’anonymat, ont qualifié ce rapport de «nouveau signe de la stupidité israélienne».
Le gouvernement israélien ne peut ou ne veut pas admettre que la grande majorité des chrétiens de Terre Sainte sont des arabes, et que par conséquent ils ont un désir compréhensible d’avoir à leur tête des pasteurs qui parlent leur langue, fait-on observer. Il est tout autant compréhensible que les chrétiens palestiniens s’identifient à la cause palestinienne, renchérit un responsable chrétien de Jérusalem. Les Israéliens ont toujours encouragé plus ou moins ouvertement la division entre chrétiens et musulmans dans les territoires qu’ils contrôlent.
Le quotidien israélien «The Jerusalem Post» écrit dimanche que selon un rapport gouvernemental, l’Autorité palestinienne aurait intensifié ses efforts pour contrôler les Eglises chrétienne en Israël comme partie de sa campagne pour acquérir les vastes propriétés foncières que ces Eglises possèdent dans le pays et accroître leur influence en Occident.
Le rapport, rédigé par des responsables de la sécurité, affirme que «les efforts palestiniens ont commencé par la prise de contrôle d’églises à Bethléem, dont la Basilique de la Nativité, et ils étendent leur contrôle à des églises et des lieux chrétiens à Jérusalem même, comme le Saint Sépulcre et l’église de Sainte Marie Madeleine». Le rapport précise que l’Autorité palestinienne tente également de mettre la main sur le Patriarcat grec-orthodoxe et l’archevêché de Galilée.
L’inquiétude israélienne: la possession des terres
En fait, l’inquiétude israélienne n’est pas dictée par les éventuelles querelles internes des Eglises chrétiennes, notent les observateurs. Ce qui suscite l’attention des services de sécurité sur ces Eglises, c’est le contrôle sur les importantes propriétés foncières, notamment celles du Patriarcat grec-orthodoxe dans la partie occidentale de Jérusalem, incluant des terrains sur lesquels sont bâtis la Knesset et de nombreux autres édifices gouvernementaux, relève pour sa part le quotidien israélien. Quant aux grecs-catholiques, ils possèdent des «propriétés considérables» dans le Nord d’Israël.
Selon le rapport, la campagne de l’Autorité palestinienne est menée par un Congrès orthodoxe qui vient de voir le jour, composé d’associations qui administrent les églises de la communauté, les cimetières et les institutions culturelles et éducatives. Il est dirigé par Kamal Ferah, de Nazareth.
Le Patriarcat grec orthodoxe dans le collimateur
Le rapport gouvernemental affirme que le Congrès cherche à créer une Union des chrétiens orthodoxes palestiniens, avec deux personnalités dirigeantes de l’Autorité palestinienne, Marwan Barghouti, leader du Fatah en Cisjordanie, et Ramzi Khouri, secrétaire personnel du président palestinien Yasser Arafat.
Ces quatre derniers mois, le Congrès a organisé des manifestations contre le Patriarcat orthodoxe à Ramallah et à Amman, l’accusant de brader des propriétés de l’Eglise aux Israéliens. Le Congrès demande également l’établissement d’un Conseil public pour surveiller les biens du Patriarcat. Les prêtres grecs qui dirigent le Patriarcat ont subi des menaces, affirme la police secrète israélienne. La même source affirme que des tentatives semblables visent le Patriarcat arménien de Jérusalem et la Custodie franciscaine de Terre Sainte, qui a la charge des lieux saints catholiques. Ibrahim Kandelaft, chef du Département des Affaires chrétiennes auprès de l’Autorité palestinienne, n’a pu être atteint pour commenter ce rapport controversé. (apic/kna/jpost/be)
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