Brésil: L’option préférentielle pour les pauvres reste fondamentale pour les religieux
Sao Paulo, 5 octobre 1998 (APIC) Quel est le profil du religieux ou de la religieuse au Brésil à la veille de l’an 2000? Cette question sert de point de départ à l’enquête. 80% des personnes interrogées estiment comme «fondamentale» l’option préférentielle pour les pauvres, une des exigences principales de l’Eglise catholique au Brésil, décidée à la Conférence épiscopale latino-américaine de Medellin en 1968.
Cette enquête inédite, a été élaborée en commun par la Conférence nationale des religieux du Brésil (CRB) et le Centre de statistiques religieuses et d’investigations sociales (CERIS).
Si l’on ne tient compte uniquement de la moyenne d’âge «des personnes consacrées», le panorama est «alarmant», écrit, un brin anticlérical, l’hebdomadaire à grand tirage «Veja». Cette moyenne atteint 50 ans pour les religieux et 60 ans pour les religieuses. L’Eglise catholique, poursuit la revue, «est incapable d’attirer les jeunes pour la carrière ecclésiastique, étant confrontée d’abord avec ses actuels ennemis que sont les maladies pour personnes âgées».
Les personnes qui ont mené l’enquête ne goûtent guère ce ton persifleur. La grande presse ne relate que certains aspects de la recherche qui aborde de nombreux autres sujets. «Bien que faite principalement de chiffres et de pourcentages, l’enquête révèle le profil des religieux et des religieuses dans l’ensemble de leur état de vie», a déclaré le Père jésuite Joao Roque Rohr, président du CRB.
Après une recherche minutieuse s’étalant sur deux ans, les enquêteurs ont présenté les premiers résultats durant la 18e Assemblée générale de la CRB à Sao Paulo. Ils ont entendu 3’057 religieux et religieuses sur un total de 46’000 qui font partie de 585 Congrégations ou Instituts implantés dans tout le Brésil. Un pourcentage de personnes consultées, à leurs yeux, suffisant, pour donner un visage authentique de la vie religieuse active ou contemplative dans le pays .
Si l’on considère l’origine, plus de 70% des futurs religieux et religieuses ont vécu leur enfance dans des villes ou villages de moins de 20’000 habitants. 60% d’entre eux sont nés dans des régions rurales. Environ 70% sont issus de familles pauvres ou de classe moyenne inférieure. Actuellement, la majorité des Pères ou des Sœurs vivent dans des centres urbains, à savoir des villes de plus de 100’000 habitants.
Pour un engagement de l’Eglise contre l’injustice quotidienne
La majorité des personnes touchées par l’enquête se sentent engagées dans une pastorale qui souhaite la transformation des structures politiques et sociales actuelles. Celles-ci, à leurs yeux, gènèrent des injustices criantes et contredisent le message évangélique. 85% des religieux et 76% des religieuses défendent l’engagement de l’Eglise catholique dans des luttes sociales. Pour 61,8% des religieux et 69,3% des religieuses, cette option mérite d’être «plus radicale et plus cohérente» que ce n’est le cas actuellement. (apic/plp/ba)
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