Depuis 1995, près d’un million et demi de victimes
New Delhi, 7 octobre 1998 (APIC) Près un million et demi de petites filles ont été victimes d’un infanticide en Inde depuis 1995, selon l’UNICEF. Tuées pour le simple fait d’être filles, une charge « insupportable » pour les familles pauvres et analphabètes, confrontées au système de la dot. Dans leur campagne de sensibilisation, les évêques catholiques indiens considèrent que continuer à traiter les filles de « citoyennes indésirables » 50 ans après l’indépendance est un « crime national ».
La Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI) a demandé à tous les groupes et associations de femmes du pays d’organiser des programmes d’alphabétisation et d’aide en faveur des petites filles abandonnées. En 1997, la CBCI avait décrété le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge Marie, fête des petites filles, pour exprimer l’inquiétude de l’Eglise devant l’augmentation du nombre de petites filles abandonnées.
Accueillir les filles comme un don de Dieu
Cette année, la CBCI fait campagne sur le thème « Ouvrir ses bras et faire vivre un enfant », afin d’élargir les projets de l’Eglise catholique pour le sauvetage et l’éducation des petites filles. « Notre initiative pour aider les familles à accueillir leurs filles comme un don de Dieu a été plutôt bien reçue. L’Eglise veut maintenant intensifier ses efforts pour combattre la discrimination dont sont victimes les filles en Inde », a déclaré le président de la CBCI, Mgr Alan Basil de Lastic, archevêque de New Delhi.
La Commission de la condition féminine de la CBCI a demandé à tous les groupements de femmes d’organiser des programmes précis d’éducation et de soutien pour aider les filles à vivre mieux au sein de la société indienne.
En Inde, il n’y a que 929 femmes pour 1000 hommes
Le recensement national de 1991 avait révélé que l’Inde comptait 929 femmes pour 1’000 hommes. Dans la plupart des pays du monde, les femmes sont toujours plus nombreuses que les hommes. Le Fonds pour l’enfance des Nations Unies (UNICEF) informe l’Inde, chaque année, que l’infanticide des filles est la principale cause de ce pourcentage anormalement bas du nombre de femmes. Depuis 1995, rapporte l’UNICEF, près de 1,4 million de filles ont disparu par infanticide.
Mgr de Lastic souligne que la pauvreté et l’analphabétisme sont les causes principales de l’élimination des filles dans les familles et ajoute que l’Eglise essaie de combattre ce fléau par l’alphabétisation et la lutte anti-pauvreté dans les villages.
L’année dernière, le Groupe national d’éducation, un organisme qui recrute des volontaires et est affilié à l’Eglise catholique, a mené une enquête qui confirme que des parents vendent ou suppriment leurs filles à cause du système de la dot. « Nous trouvons beaucoup de familles en région rurale qui considèrent les filles comme des fardeaux à cause de la dot qui devra être fournie au moment de leur mariage », explique le président de la CBCI.
Les études menées par le groupe révèle que les bébés filles sont supprimées à la demande des parents pour quelque roupies. Prêtres et religieuses ont reçu la mission d’aider les mamans illettrées à prendre conscience que les filles sont aussi importantes que les garçons. La plupart des 137 diocèse de l’Inde ont lancé des projets précis dans tous les mouvements et association de femmes pour aider les familles. L’année dernière déjà, la CBCI avait lancé plusieurs campagnes de ca genre par l’intermédiaire des diocèses, des instituts, des paroisses, des écoles et des hôpitaux. Cette année les écoles et les hôpitaux catholiques sont invités à admettre plus facilement les filles des milieux défavorisés dans leurs établissements. Pareillement, on a demandé aux prêtres des paroisses d’alléger le coût des cérémonies de mariage pour les filles des familles en difficulté.
Laxisme du gouvernement fédéral
Dans le même temps, la CBCI reproche au gouvernement fédéral son application laxiste de la loi sur l’infanticide et l’avortement des filles. « Le gouvernement a interdit les tests de détermination du sexe du fœtus et les avortements sélectifs, mais ils sont encore largement répandus dans bien des régions », affirme Mgr de Lastic. Le parlement indien, en 1994, avait voté la loi sur les techniques du diagnostic prénatal (règlement et prévention des abus) pour contrer les excès de techniques telles que l’amniocentèse et l’échographie permettant de connaître le sexe du fœtus en vue d’un avortement éventuel.
Mais le président de la CBCI de se lamenter: « La loi est inefficace parce qu’il n’y a pas de structure gouvernementale pour contrôler et stopper les centres de détermination du sexe qui prolifèrent dans tous le pays ». (apic/eda/ab)
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