Belgique: Déclaration des évêques sur les nouveaux contrats de vie commune

« Choisir le mariage »

Bruxelles, 11 octobre 1998 (APIC) Le vif débat sur le Pacte civil de solidarité (PACS) qui agite actuellement la France fait tache d’huile en Europe. Plusieurs législateurs, se préparent à mettre au point de nouveaux types de contrats pour réglementer et protéger les diverses situations de couple. Mais les nouveaux contrats de vie commune sont-ils à mettre sur le même pied que le mariage? Telle est la question fondamentale que les évêques de Belgique s’efforcent d’éclairer dans une déclaration de 24 pages intitulée « Choisir le mariage ».

« Avant même d’envisager de régler des cas particuliers, même s’ils sont plus nombreux, il conviendrait que les responsables politiques décident d’une politique globale renforcée en faveur du mariage et de la famille. », a souligné le cardinal Godfried Danneels, lors de la présentation du document.

Puisque « le mariage ne va plus de soi », le premier souci des évêques est de mettre en lumière l’enjeu de ce type d’engagement dans une vie de couple et de famille. Un tel engagement, soulignent-ils, suppose « un choix conscient » des partenaires. C’est un « projet d’amour » dans lequel les deux doivent investir. Il requiert donc des partenaires « une connivence de l’intelligence, du coeur, de la volonté et de l’agir ». La clé de la réussite, comme d’ailleurs celle de tout contrat entre les humains, s’appelle: « fidélité ». L’institution du mariage y ajoute la protection sociale et juridique.

Le mariage n’est pas d’abord une institution chrétienne

Le mariage n’est pas d’abord, insistent les évêques, le fruit d’une découverte chrétienne. Le cardinal Danneels y voit le résultat d’un « long affinement », à travers les siècles, de la conscience morale et de la conception de l’homme et de la femme. Mais il est vrai que, pour les chrétiens, « la promesse de mariage n’est pas seulement un effort humain de fidélité promise de part et d’autre. Leur union est aussi une grâce que Dieu leur offre ». C’est pourquoi, rappellent les évêques, les chrétiens « célèbrent leur alliance conjugale comme un sacrement ».

Sacrement, et non aboutissement achevé. Ce n’est qu’un début. Le projet n’est jamais achevé, toujours appelé à grandir. Dans cette croissance, les évêques relèvent l’importance de la communication entre les époux, insistent sur le rôle du corps et de la sexualité, sur la prière ainsi que sur la fécondité. Celle-ci, rappellent-ils, ne se limite pas à « mettre au monde ses propres enfants ». Ils relèvent aussi l’importance de la famille et présentent les familles comme « cellules vivifiantes d’une société sainte ».

Ombres

Une deuxième de la partie de la déclaration passe en revue les ombres au tableau. Non pour reculer l’idéal dans l’inaccessible, mais au contraire pour éviter le drame des « pertes d’illusions », quand la réalité de la vie de couple ou du mariage a été trop idéalisée.

Les évêques n’ignorent pas que de plus en plus de mariages se défont, et leur propos n’est pas d’accuser les couples qui sont confrontés à l’échec. Au contraire, ils observent que « personne ne se sépare de gaieté de coeur », constatent la complexité des situations et plaident pour l’accueil de tous.

Pour les catholiques, reconnaissent-ils, la situation des personnes divorcées est d’autant plus dure « qu’ils se sentent abandonnés non seulement par leur conjoint, mais aussi par ceux qui partagent leur foi », ce qui met leur vie de croyants à rude épreuve. S’y ajoute la souffrance de ne pouvoir conclure un deuxième mariage sacramentel. Mais en pareil cas, signale la déclaration épiscopale, un second mariage civil, qui garde toute sa valeur, est toujours préférable à une relation moins engageante avec un nouveau partenaire. D’autre part, les évêques rappellent que les chrétiens, fussent-ils divorcés et remariés, continuent d’appartenir à la communauté ecclésiale et sont en droit d’y être accueillis.

Défendre avec insistance le mariage

Les évêques belges ne négligent pas pour autant d’autres formes de vie commune et restent attentifs aux motivations qui les sous-tendent. Ils comprennent fort bien, par exemple, que les homosexuels réclament une meilleure protection d’une vie commune par un contrat spécifique. Sans porter de jugement négatif a priori sur cette demande, ils insistent pour qu’on ne mette pas sur le même pied tous les contrats de vie commune. Ils défendent donc « avec insistance le modèle du mariage tel qu’il s’est généralisé grâce à des siècles d’affinement culturel dans la régulation de la vie commune entre homme et femme ».

Par conséquent, un contrat qui réglerait une vie commune ou une cohabitation « reste une disposition purement légale, nullement un équivalent du mariage ». En même temps, les évêques notent que les personnes homosexuelles et leurs proches ont souvent une existence difficile: il ne faudrait pas aggraver ces difficultés par une discrimination sociale.

Ne pas nuire à la famille

La déclaration épiscopale exprime notamment la crainte qu’une réglementation légale du statut de formes alternatives de vie commune « ne finisse par nuire gravement dans le futur à la fondation de familles ». La mise en oeuvre de nouvelles réglementations doit en tout cas éviter, soulignent les évêques, que les personnes mariées ne soient défavorisées aux points de vue social et fiscal. De plus, ajoutent-ils, « ces autres formes n’assurent pas la stabilité nécessaire à l’épanouissement des époux et à celui des enfants ».

Les évêques ne sauraient donc tomber d’accord avec l’évolution d’une législation qui accorderait à diverses formes de vie commune « un statut juridique équivalent à celui du mariage ». En attendant, le statut désavantageux que représente déjà le mariage, au plan fiscal par exemple, par rapport à d’autres formes de vie commune laisse penser aux évêques qu’il a bien besoin d’être consolidé.(apic/cip/mp)

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