Une double première

Valamo: Assemblée du CCEE dans un monastère orthodoxe de Finlande

Valamo, 13 octobre 1998 (APIC) Pour la première fois dans l’histoire, les présidents et délégués du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) a tenu en début de mois son assemblée plénière en Finlande et, pour la première fois, dans un monastère orthodoxe.

C’est en réponse à l’invitation de Mgr Paul Verschuren, président émérite de la Conférence épiscopale des cinq pays nordiques et évêque d’Helsinki depuis plus de trente ans, que le CCEE avait décidé de se réunir à cette lisière de l’Europe, pour exprimer sa sympathie à l’Église catholique de Finlande, qui forme une petite minorité dans ce pays, relève le CEE dans son communiqué final.

Un événement oecuménique significatif

Tandis que le chemin oecuménique « semble être jonché de nouveaux obstacles », la rencontre a été « un événement oecuménique significatif », souligne le CCEE, marqué « par une grande fraternité avec la communauté orthodoxe du monastère de Valamo… ». L’archimandrite Seregej, higoumène du monastère, et l’archevêque Johannes, évêque de Kuopio et primat de l’Église orthodoxe de Finlande, ont souligné dans leur accueil la nécessité d’un chemin de confiance en vue de l’unité des chrétiens. Le message de John Vikström, archevêque luthérien de Finlande, a témoigné de même de la sérénité du climat oecuménique dans ce pays.

Dans un message à l’assemblée, Jean Paul II a encouragé les présidents à « témoigner du souci de l’Église de participer à l’édification de l’Europe des nations », à « poursuivre inlassablement le ministère de messagers de la paix » et à « prendre un soin renouvelé de la jeunesse ».

Des situations de frontières

Les travaux, coordonnés par le cardinal Vlk, archevêque de Prague et président du CCEE, se sont ouverts par un long temps d’échange sur les situations de diaspora, de minorité ou de difficultés dans lesquelles vit l’Église catholique en Europe, avec les témoignages des évêques de Russie, de Grèce, de Bulgarie, de Turquie, de Biélorussie et d’Ukraine, de petites Églises.

La perception de ces situations de frontière a suscité un notable intérêt, note le CCEE: elles sont « des laboratoires uniques pour l’Église catholique et de particulière importance pour le dialogue oecuménique, pour la rencontre entre les religions, pour la confrontation de l’Europe avec les autres continents, des éléments décisifs pour l’avenir de l’histoire et du christianisme ».

Devant le risque dénoncé par Mgr Perko, président de la Conférence épiscopale récemment constituée en Yougoslavie, que le conflit du Kosovo dure encore longtemps, les présidents se sont exprimés de façon unanime « pour qu’interviennent au plus tôt les forces internationales de paix, pour mettre fin au drame balkanique », car « seul un organisme supranational pourra de fait aider à trouver une voie vers la paix, but qui doit être atteint sans autre retard ».

Évoquant le rôle des laïcs dans l’Église, les évêques ont souligné la nécessité de « clarifier la différence entre le sacerdoce ordonné et le sacerdoce baptismal, pour ne pas obscurcir la dimension sacramentelle de l’Église, mais pour encourager ensemble fortement la présence et la collaboration des ministères non ordonnés dans la vie de la communauté ». Ce sera au niveau de chaque Conférence épiscopale, précise le communiqué final, « de trouver, à la lumière du magistère de l’Église, des voies sereines et fécondes de collaboration ».

Bientôt une charte oecuménique

Un an après l’Assemblée de Graz, l’engagement du CCEE dans le domaine oecuménique reste une des priorités. En poursuivant la collaboration avec la Conférence des Églises d’Europe (KEK), un groupe commun de théologiens commencera fin octobre à travailler à la rédaction d’une « charte oecuménique » qui sera ensuite discutée par toutes les Églises et Conférences épiscopales d’Europe.

Un « consensus notable » a suscité la proposition d’une première consultation entre les responsables des conférences épiscopales sur les thèmes liés à l’environnement. Une telle consultation, qui répond à une recommandation de l’assemblée de Graz, aura lieu en mai 1999. Outre qu’elle est spécialement intéressante pour les Églises de l’Est, longtemps contraintes au silence et à la censure sur ces problèmes, elle aura aussi des retombées sur le travail des gouvernements.

Les présidents ont consacré une longue réflexion au Synode spécial des évêques d’Europe, qui se tiendra à l’automne 1999 et qui se concentrera sur la place centrale du Christ et sur une nouvelle compréhension de sa présence dans l’histoire.

L’agenda du CCEE pour 1999 est très chargé: médias, migrations, bouddhisme… Le CCEE reste toutefois avant tout un lieu de collégialité entre les Conférences épiscopales, c’est à dire un lieu de rencontre et d’échange sur les défis que chaque Conférence ne peut affronter toute seule. « L’expérience d’Église et de communion vécue à Valamo est aussi la richesse la plus précieuse que les présidents rapportent dans leur propre pays », relève en conclusion le CCEE. (apic/cip/pr)

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