Pasteur ou laïc ? Un Synode extraordinaire en décidera

Neuchâtel: Ouverture de la présidence du Conseil synodal de l’EREN aux laïcs

Neuchâtel 14 octobre 1998 (APIC) Le Conseil synodal, organe exécutif de l’Eglise réformée évangélique neuchâteloise (EREN) pourra-t-il à l’avenir être présidé par un laïc ou cette charge doit-elle être réservée à un pasteur ? La question divise les protestants neuchâtelois.

Accepté de justesse par le Synode en première lecture, rejeté en seconde, l’article constitutionnel permettant à des laïcs d’accéder à la présidence de l’exécutif réformé revient sur le tapis à la faveur d’une session extraordinaire du législatif. Partisans et opposants du projet se retrouveront le 11 novembre.

Pasteur de la paroisse de la Maladière à Neuchâtel, Pierre-Henri Molinghen figure dans le camp des opposants. Pour lui les laïcs n’offrent pas les mêmes garanties que les ministres, dont le parcours est contrôlé et vérifié à chaque étape et notamment lors du passage devant la commission de consécration. « C’est le Synode qui élit les membres du Conseil synodal et son choix se portera toujours vers la personne la plus adéquate », répond le pasteur Jean-Jacques Beljean.

Les partisans du projet veulent en finir avec le cléricalisme de la fonction présidentielle qu’ils qualifient d’épiscopale. P.-H. Molinghen ne craint pas la comparaison: « La conduite d’une Eglise a une dimension épiscopale, qui repose sur un ministère pastoral. Il n’y a pas qu’un seul modèle d’épiscopat. L’Eglise orthodoxe, les Eglises anglicanes ou luthérienne ont elles aussi des évêques. »

Le député de la ville de Neuchâtel, vice-président du Synode, reproche encore aux partisans leur précipitation et s’interroge sur l’opportunité du débat. « La première mention remonte à 1994, répondent les partisans par la voix du pasteur Beljean. La question de l’ouverture s’inscrit dans le vaste processus de réorganisation de l’Eglise: « Vers un nouvel élan de vie ». Le projet, souligne encore le pasteur Beljean, est la dernière étape des réformes de structures déjà entreprises qui visent à ouvrir aux laïcs chaque structure de l’Eglise. « 

Toute modification de la Constitution ecclésiastique est soumise au peuple de l’Eglise par le biais d’assemblées générales organisées dans les paroisses. Si les députés adoptent l’article constitutionnel révisé, ce sont les protestants du canton qui auront le dernier mot. Ils se prononceront sur une première série de modifications le 25 octobre. L’article 32 attendra encore. (apic/spp/mms/mp)

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