APIC – Témoignage
Appel d’une missionnaire belge de Goma
Goma, 16 octobre 1998 (APIC) A la veille de la Journée annuelle de la Mission universelle dans l’Eglise catholique, qui aura lieu dimanche 18 octobre, une religieuse belge, rentrée de Goma depuis peu, lance un appel à la prière. Sœur Marie-Agnès, de la Congrégation de Saint-Vincent de Paul, évoque le climat de terreur qui règne aujourd’hui dans l’est du Congo.
«Le climat de terreur qui s’abat comme une chape sur les populations de Goma, Rutschuru, Jomba, Masisi, et d’ailleurs atteint toutes les paroisses du Kivu…» L’angoisse nous prend à la gorge devant les trahisons, les agressions, les enlèvements, devant la mort et les horribles massacres. Elle est notre compagne chaque nuit quand nous nous demandons: nous reverrons-nous demain. Les libérations se succèdent: libération par les armes, les grenades, les obus et les bombes. Libération par les chars…. Mais d’où viennent-ils donc? Il y a aussi les armes traditionnelles, les couteaux, les machettes, les haches et les massues», confie la religieuse.
Et de s’interroger: «Quand donc va s’arrêter ce flot infernal de civières ensanglantées? Quand donc l’apocalypse va-t-elle se changer en fraternité paisible? Quand donc le désir de pouvoir et de possession, quand donc la soif de sang, vont-ils disparaître pour faire place au respect de l’autre? On n’a pas l’impression que ces changements sont pour demain…»
Et pourtant c’est possible…
Et pourtant à Goma, renchérit Sœur Marie-Agnès, il y a tant de personnes qui croient que c’est possible, surtout les mamans. Elles ont au cœur une espérance que rien ne peut abattre, et la conviction que le dernier mot appartient à Dieu, quand son heure sera venue. Elles prient beaucoup, et de tout cœur; elles jeûnent. Elles croient aussi que Marie va conduire à la paix leurs frères et leurs sœurs.
Leur prière est confiante: «Marie, notre Mère, dites à Jésus qu’il n’y a plus de vin; qu’il n’y a plus de repos, de paix, de joie. Faites de nous des artisans de paix. Reine de la Paix, priez pour nous et avec nous. Nous sommes prêts à faire ce que nous demandera votre Fils Jésus. Nous voulons nous convertir. Convertissez aussi nos frères et tout notre peuple. Nous voulons nous aimer, même si c’est difficile. Jésus est le seul qui puisse nous apporter la vraie libération. C’est lui aussi qui nous apprend à prier en vérité: Père, pardonne-leur…»
La religieuse demande aussi d’être solidaire et proche de ces frères chrétiens qui prient et qui luttent. «Priez avec eux. Demandez des prières autour de vous: aux enfants, aux vieillards, aux malades. La prière est puissante, elle est source de joie et de paix. Dieu aime tout homme, et il peut changer les cœurs en y semant la bonté, l’ouverture à la réconciliation et au pardon, et le véritable amour fraternel. A ce moment, les armes tomberont, parce qu’elles seront devenues inutiles. A ce moment, il n’y aura plus de place pour la haine et la vengeance. Cette libération sera définitive, réelle, et fera naître un monde nouveau où il y aura place pour Dieu, car Dieu est amour», conclut sœur Marie-Agnès. (apic/cip/ab/pr)
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