France: Animation autour de la Semaine missionnaire
Des montagnes de Los Altos-Quetzaltenango à Pau et Périgueux
Paris, 21 octobre 1998 (APIC) Dans le cadre de l’animation autour de la Semaine missionnaire programmée du 10 au 18 octobre, la Coopération missionnaire-OPM de France a invité 21 catéchistes d’Afrique d’Amérique latine d’Asie et d’Océanie. Délégués par la Conférence épiscopale de leur pays ils participent pendant tout le mois d’octobre à l’animation missionnaire des régions dans lesquels ils sont envoyés. Lorenzo Chaclan Solis, un guatémaltèque, est l’un d’eux. Il a pour sa part rejoint les secteurs de Poitiers, Dax, Pau et Périgueux. Les 21 catéchistes invités se retrouveront tous à Paris le 28 octobre pour une journée de synthèse et retrouvailles. Lorenzo Chaclan Solis, exerce de multiples responsabilités ecclésiales au Guatémala. Portrait.
Pluie, brouillard et vent du nord, octobre est déjà froid dans le secteur dans lequel il a été envoyé pour faire part de ses expériences. Lorenzo Chaclan Solis n’en a cure et se promène en chemisette. Le visage typé des indiens Mayas de l’ethnie kiché, la taille petite, le corps trapu, les 43 ans alertes: l’homme est habitué aux rigueurs du climat montagnard: il vit à 2600 m d’altitude dans le village de Chotacaj, dans le diocèse guatémaltèque de Los Altos-Quetzaltenango.
Sa paroisse de Totonicapan, avec ses 100’000 habitants répartis sur une superficie de 330 km2, compte quelque 2’600 catéchistes et 4 salariés, contre seulement quatre prêtres pour animer 52 communautés villageoises. Les laïcs portent véritablement cette Eglise. Lorenzo consacre la majeure partie de son temps à superviser l’action d’une bonne vingtaine de catéchistes de la communauté de Poxlajuj. Pour se faire, il parcourt inlassablement la montagne à pied pour assumer des tâches aussi diverses que les veillées funèbres la formation des catéchistes les réunions des diverses pastorales.
Sa vocation lui est venue sur le tard, 3 ans après avoir épousé au retour de l’armée Hermelinda, une jeune Indienne de son ethnie. Tout en poursuivant son métier de tisserand il a reçu pendant 2 ans, comme aspirant-catéchiste, une formation ecclésiologique et biblique sommaire. «Nous n’avions alors qu’une session par mois. J’animais chaque dimanche la liturgie de mon mieux. A la fin de la messe j’étudiais seul la Bible dans un vieux livre», explique-t-il. Aujourd’hui les catéchistes reçoivent une formation de 3 heures hebdomadaires. Certains doivent marcher pendant de longues heures pour se rendre au centre de formation. «Beaucoup abandonnent. Il ne reste souvent qu’une quinzaine de personnes sur la centaine inscrite au départ. Aussi chaque catéchiste se voit confier de plus en plus de responsabilités».
Autre problème: «Le manque de confiance des anciens vis-à-vis des jeunes et le manque de formation scolaire de la majorité des femmes les empêche d’accéder à ce service ecclésial. Les responsables de la paroisse se mobilisent pour leur permettre d’occuper une plus grande place», commente Lorenzo.
Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne compte pas sa peine. Outre ses multiples responsabilités de catéchiste – il est également selon la tradition maya parrain de plus de 50 couples de sa paroisse – Lorenzo, en sa qualité de directeur d’une petite coopérative d’artisanat locale, gère des crédits pour aider les artisans dans leurs projets de développement. Enfin, fort de la confiance dont il jouit il devrait être pressenti pour se présenter aux élections municipales de Totonicapané, fin 1999. Mais c’est déjà de la musique d’avenir… (apic/jcn/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/france-animation-autour-de-la-semaine-missionnaire/