La mission à l’aube du troisième millénaire

Fribourg: Colloque de missiologie à l’Université

Fribourg, 22 octobre 1998 (APIC) A l’heure où la mission est parfois considérée comme un héritage encombrant de l’époque coloniale, un prosélytisme malvenu ou au mieux comme une denrée d’exportation, un colloque réuni à l’Université de Fribourg a tenté de faire le point sur « la mission à l’aube du troisième millénaire ». La mission reste un des piliers indispensable de la foi chrétienne, a souligné Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence des évêques allemands.

Une centaine de personnes, pour la plupart missionnaires ou anciens missionnaires ont participé durant deux jours au colloque de missiologie organisé à l’Université de Fribourg pour marque le 175e anniversaire des Œuvres pontificales missionnaires et le 50e anniversaire de l’Institut de Missiologie et de sciences des religions. Outre les exposés des conférenciers, discussions et échanges en ateliers ont permis d’approfondir le thème proposé.

La mission a pris un coup sévère, non seulement le départ de missionnaires dans les pays de missions se raréfie, mais on en vient à se demander si une telle mission a encore un sens, relève le professeur Anand Nayak. Dans les pays de tradition chrétienne aussi, la vie se passe de moins en moins selon les enseignements de l’Evangile, mais de plus en plus avec l’adjonction de valeur étrangères à la foi chrétienne, constate le professeur d’origine indienne. La question s’énonce donc comme suit : Comment parler de Jésus Christ à l’homme contemporain ?

Une mission qui remonte au Nouveau Testament

L’origine de la mission remonte au Nouveau Testament, souligne Mgr Lehmann. L’envoi des disciples, à la fin de l’évangile de Matthieu contient déjà la théologie de la mission. Jésus ressuscité invite les disciples et donc l’Eglise à ne pas rester entre eux mais à se dépasser. La mission de l’Eglise repose aujourd’hui encore sur cette même base. Le président de la Conférence épiscopale allemande insiste sur la force libératrice de la Parole de Dieu que personne ne peut retenir.

L’Evangile doit s’enraciner dans les diverses cultures. Il ne s’agit pas seulement d’assimilation ou d’inculturation mais d’un processus d’intégration de longue haleine qui n’est pas exempt d’erreurs. La mission est en tout premier lieu une invitation de Dieu qui ne peut se faire que dans la liberté et donc dans le dialogue. Ce défi exige cependant toujours une décision. C’est pourquoi le dialogue ne réduit pas le sérieux, ni l’aspiration à la vérité.

Chaque Eglise locale est adulte

Mgr Jean Bonfils, évêque de Nice, et président de la coopération missionnaire de la Conférence épiscopale de France, a abordé de son côté l’aspect plus ecclésial de la mission. Pour rappeler surtout que les Eglises locales sont sœurs et solidairement responsables de l’annonce de la Parole. « Chaque Eglise locale est adulte, quels que soit son âge et sa taille. Aucune ne peut se dire mère d’une autre, car chaque Eglise est née de l’Esprit-Saint. »

Les chemins de la mission se croisent. Ils vont partout et viennent de partout. « On ne devrait pas dire l’Eglise et la mission mais l’Eglise est la mission » insiste-t-il. Dans les dangers possibles Mgr Bonfils voit surtout l’établissement de rapports de donateurs à bénéficiaires. Certes les jumelages directs entre diocèses ou paroisses sont une bonne chose, mais il faut veiller à éviter les inégalités et les injustices et à garder le sens de l’universalité de l’Eglise. (apic/mp)

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