Jean-Paul II aux politiques et législateurs d’Europe :
Rome, 22 octobre 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II a invité les hommes politiques et législateurs européens réunis à Rome à l’initiative du Conseil pontifical pour la Famille, à «reconnaître et affermir l’institution matrimoniale» par des législations adéquates.
«D’une certaine manière, une société et son avenir dépendent de la politique familiale qui est mise en œuvre». C’est ce qu’a souligné Jean Paul II, le 23 octobre, devant les participants de la 2e rencontre d’hommes politiques et de législateurs d’Europe, organisée par le Conseil pontifical pour la Famille.
Le contexte de la réflexion du pape lui est fourni par «les progrès scientifiques et techniques» qui, dit-il, «imposent une réflexion morale sérieuse et approfondie, ainsi que des législations appropriées, pour mettre la science au service e l’homme et de la société». S’il faut «connaître clairement» ce que la science découvre, le progrès technique en lui-même, a insisté Jean Paul II, «n’est ni un critère de moralité, ni un critère de légalité». Sur le terrain politique et social, les décideurs doivent se fonder «essentiellement sur les valeurs anthropologiques et morales».
Au passage, le pape a suggéré des références: trois penseurs de l’Antiquité, Sophocle, Cicéron et Aristote; un philosophe contemporain, Jacques Maritain; trois encycliques contemporaines, d’abord «Veritatis Splendor» sur des questions touchant le fondement de la morale, puis «Evangelium vitae», sur le protection de la vie humaine, enfin «Fides et ratio», sur les rapports entre foi et raison; sans oublier le «Catéchisme de l’Eglise catholique».
Soutenir le mariage
Sans le nommé, le PACS (Pacte civil de solidarité) français a été au centre discours du pape. Une grande préoccupation de l’Eglise catholique, a rappelé Jean Paul II, porte sur la famille comme «cellule de base de la société». A ce sujet, le pape a plaidé pour que les politiques «reconnaissent et affermissent» l’institution du mariage dans son «statut juridique spécifique», tant pour les conjoints que pour les enfants et pour le rôle des familles dans la société.
«Dans la recherche de solutions légitimes pour la société moderne, a-t-il expliqué, la famille ne peut pas être mise sur le même plan que de simples associations ou unions, et celles-ci ne peuvent pas bénéficier des droits particuliers liés exclusivement à la protection de l’engagement conjugal et de la famille, fondée sur le mariage, comme communauté de vie et d’amour stable, fruit du don total et fidèle des conjoints, ouverte à la vie. Du point de vue des responsables de la société civile, il importe qu’ils sachent créer les conditions nécessaires à la nature spécifique du mariage, à sa stabilité et à l’accueil du don de la vie. En effet, tout en respectant la légitime liberté des personnes, rendre équivalentes au mariage en les légalisant d’autres formes de relations entre des personnes est une décision grave qui ne peut que porter préjudice à l’institution conjugale et familiale».
Défendre la dignité humaine
Des réformes de politique familiale, Jean Paul II n’attend pas seulement qu’elles soutiennent les «structures familiales», mais encore qu’elles aident les parents «à remplir leur mission éducative». Mieux: qu’elles s’étendent à «un souci renouvelé de la formation de la conscience morale et civique des personnes» pour défendre «la dignité transcendante et imprescriptible de la personne».
Car, et le pape en reste consterné, «de nombreux actes contre la vie» sont aujourd’hui «revendiqués comme des gestes de liberté» alors qu’ils constituent ce que Jean Paul II appelle une «culture de mort. «Il est clair, a dit le pape, que nous sommes confrontés à une faiblesse du sens et de la valeur de la vie, ainsi qu’à une forme d’anesthésie des consciences».
Le pape a conclu en lançant aux chrétiens et à tous les hommes de bonne volonté un nouvel appel à unir leurs forces «pour faire triompher la culture de vie», et ceci «en particulier au niveau de la jeunesse, à laquelle il convient de donner une éducation appropriée, sur les plans moral, anthropologique et biologique». C’est ainsi, a-t-il précisé, que les jeunes «seront à même de comprendre ce qu’est la personne humaine, de poser des actes responsables en faveur de la vie et pourront s’en faire les défenseurs auprès de ceux qui les entourent». (apic/imed/pr)
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