Rome: Lettres de créances du nouvel ambassadeur de France auprès du Saint-Siège
Rome, 25 octobre 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II a reçu samedi le nouvel ambassadeur de France auprès du Saint-Siège venu lui présenter ses lettres de créances. L’ambassadeur Jean Gueguinou, 57 ans, succède Jean-Louis Lucet, successivement ambassadeur de France au Quirinal puis au Saint-Siège. Au menu de l’allocution pontificale, la laïcité, la famille, l’enseignement catholique, l’accueil des étrangers, la paix et la résolution des conflits.
Lors de la cérémonie, le pape a rappelé le « principe de laïcité » qui caractérise les relations actuelles entre la France et le Saint-Siège. « La laïcité est à entendre à la fois comme une autonomie de la société civile et des confessions religieuses dans les domaines qui leur sont propres, mais en même temps comme une reconnaissance du fait religieux, de l’institution ecclésiale et de l’expérience chrétienne parmi les composantes de la nation, et non simplement comme des éléments de la vie privée ».
Pour le pape, ce principe « n’exclut ni la libre adhésion de foi des personnes, ni l’acceptation de la dimension religieuse dans le patrimoine national ». De ce fait, la séparation de l’Eglise et l’Etat permet, dit-il, le respect de la vie religieuse d’une part, mais aussi une contribution positive de l’Eglise aux débats de la société quant aux décisions sociales à prendre, en vue du bien commun et des droits de l’homme.
Allusion au PACS
La famille, l’un des thèmes de prédilection du pape, n’a pas été oubliée: il l’a qualifiée d’ »élément essentiel de la nation ». Jean Paul II a alors souhaité que les responsables sachent créer les conditions conformes à sa nature spécifique et à son statut juridique particulier. Aucune autre allusion, dans ce discours officiel, au fameux PACS, le Pacte Civil de Solidarité qui divise la société française et dont l’Eglise de France désapprouve le principe. Discuté au Parlement français le 9 octobre dernier, il devrait être à nouveau soumis au vote des députés dans les prochaines semaines.
Pourtant, la veille, en recevant des responsables politiques et des législateurs européens à Rome, le pape avait dénoncé la légalisation de « toutes autres formes » d’union en demandant que l’institution matrimoniale soit « primordiale ».
Volonté arbitraire des personnes versus principes de la loi naturelle
« Il serait à long terme dommageable, avait-il lancé, que des lois, fondées non plus sur des principes de la loi naturelle mais sur la volonté arbitraire des personnes donnent un statut juridique semblable à différentes formes de vie commune, entraînant de nombreuses confusions ».
Jean Paul II est ensuite revenu sur l’enseignement catholique. Au moment où la France réfléchit sur l’aménagement du temps scolaire, le pape s’est félicité de l’insertion, dans les écoles publiques et privées, « d’éléments d’éducation civique et de culture religieuse ».
Pour lui, la catéchèse est d’un tout autre ordre, car elle « ouvre l’enfant au mystère chrétien et à la relation avec Dieu ».
Le pape brise une lance en faveur de l’enseignement catholique
Le pape a par conséquent demandé aux responsables de la nation d’être vigilants sur la place de l’enseignement religieux parmi les activités périscolaires proposées aux enfants. Afin que chaque famille qui le désire puisse donner un enseignement catholique à ses enfants, il est nécessaire, a poursuivi le pape, « que la collectivité ne fasse pas peser des charges trop lourdes ». Il demande en effet « une égalité légitime » dans le cadre de l’éducation nationale.
Abordant ensuite le problème de l’accueil des immigrés, il a rappelé la tradition de convivialité sociale, d’ouverture, d’entraide, de respect et d’accueil de la France. « J’apprécie les dispositions manifestées par les responsable de la vie publique, afin d’offrir une terre à ceux qui le demandent, dans le respect des principes qui fondent l’unité nationale ». Pour le pape, les pays riches doivent se mobiliser pour accueillir les étrangers qui « sont avant tout des frères ». « Personne, insiste-t-il, ne peut être mis à l’écart pour des raisons de race ou de religion ».
Enfin, relevant la place particulière de la France dans la construction de la grande Europe, il invite les autorités françaises, en union étroite avec les autres pays du continent et avec la communauté internationale, à redoubler d’efforts pour que tous les moyens légitimes soient mis en œuvre, afin de résoudre les conflits de manière durable. L’ambassadeur Jean Gueguinou a insisté pour sa part sur le souci de la France pour la sauvegarde de la paix en Europe, en Afrique, particulièrement dans la région des Grands Lacs, et au Moyen-Orient.
Le pape n’a pas manqué de rappeler à son visiteur ses voyages en France, en particulier « la réussite » des Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris en août 1997, et la visite d’Etat au Vatican le 19 janvier 1996 du président de la République Jacques Chirac. (apic/bb/imedia/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse