Bucarest: Message du pape pour la Clôture de la 12e édition interreligieuse de Sant’Egidio
Rome/Bucarest, 1er septembre 1998 (APIC) Les religions sont « une puissante réserve de paix », estime le pape Jean-Paul dans le message qu’il adresse mardi 1er septembre, pour marquer la clôture de la XIIe édition de la rencontre interreligieuse organisée pour la première fois à Bucarest, en Roumanie, par la Communauté Sant’Egidio.
Dans le message qu’il adresse au cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’unité des chrétiens, présent à Bucarest, le pape se déclare cependant inquiet de la situation en Afrique, au Kosovo et au Moyen Orient, en particulier.
La rencontre, tenue du 30 août au 1er septembre, s’est déroulée pour la première fois dans un pays en majorité orthodoxe (80% des 22,6 millions d’habitants, pour 11,7% de catholiques). Les fidèles catholiques de rite byzantin (gréco-catholiques), représentent en effet environ 250’000 personnes, et, depuis la chute du régime communiste, des conflits ont lieu régulièrement avec les communautés orthodoxes à propos de la restitution des édifices et des biens naguère confisqués aux catholiques.
Une commission a été mise en place pour résoudre ces difficultés et préparer ainsi une visite de Jean Paul II. Une visite à laquelle l’a convié le président Emil Costantinescu par l’intermédiaire du Premier ministre Radu Vasile, lors de sa visite à Rome en juillet dernier. Le pape pourrait en effet se rendre en Roumanie en mai 1999.
Dans l’optique d’une visite en Roumanie
Le président Costantinescu avait participé l’an dernier à la rencontre organisée par Sant’Egidio à Padoue. Il avait personnellement suggéré la tenue de ce rassemblement dans son pays en 1998. Les rencontres « Hommes et religions » ont en effet lieu tous les ans. L’association de fidèles laïcs d’origine italienne Sant’Egidio ayant de cette manière décidé de poursuivre « l’esprit d’Assise », selon une expression de Jean-Paul II, qui faisait allusion à la première rencontre organisée à son initiative entre les représentants des grandes religions à Assise en 1986.
Cette année, six cardinaux catholiques et six dignitaires orthodoxes ont participé à la rencontre de Bucarest.
A côté de « notables progrès sur le chemin de la paix », le pape, dans son message, déplore « le développement de nombreux conflits », soulignant qu’ils augmentent la pauvreté des populations déjà en « situation difficile ». « Je pense à l’Afrique, précise Jean Paul II, martyrisée par des conflits et par une situation endémique d’instabilité. Je pense aussi au Kosovo tout proche, où, depuis trop longtemps, des populations entières subissent des atrocités et des tortures au nom de rivalités ethniques insensées. Je pense enfin aux processus de paix engagés au Moyen-Orient et dans d’autres parties du monde, mais mis en péril par des difficultés toujours renaissantes ».
La paix des religions
Les religions ont un rôle à jouer en faveur de la paix, écrit encore Jean Paul II. « Face à la multiplication des situations de guerre, il faut que se développement de nouvelles énergies de paix dont les religions sont une puissante réserve ».
Et de citer la déclaration finale de la rencontre de 1993 à Milan signée par les représentants des différentes religions. « Qu’aucune haine, qu’aucun conflit, qu’aucune guerre, disait l’appel dans le passage cité par le pape, ne soit allumée par les religions! La guerre ne peut jamais être motivée par la religion. Que les paroles des religions soient toujours des paroles de paix! Que le chemin de la foi ouvre au dialogue et à la compréhension! Que les religions guident les coeurs pour pacifier la terre! Que les religions aident tous les hommes à aimer la terre et ses peuples, petits et grands! »
Et à propos de la « vocation » de la Roumanie en Europe, le pape relève que « la grande manifestation de prière pour la paix s’insère parfaitement dans la vocation singulière de la Roumanie à être un pont entre l’Orient et l’Occident, pour offrir une synthèse originale des cultures et des traditions européennes ». Le pape conclu enfin son message un salut personnel patriarche Teoctist à « tout le peuple de la vénérable Eglise orthodoxe de Roumanie », avant d’étendre aussi son salut aux communautés catholiques, « de rite byzantin ou de rite latin ». (apic/imed/pr)
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