Les femmes doivent prendre conscience de leurs capacités

Suisse: Organisations féminines catholiques d’Europe réunies dans le canton de Lucerne

Lucerne, 11 août 1998 (APIC) Une centaine de femmes catholiques venues de toute l’Europe siègent depuis mercredi 2 septembre jusqu’à dimanche au Centre de formation de Matt, à Schwarzenberg, dans le canton de Lucerne. But de la rencontre: le renforcement de la place de la femme dans le monde, «clef d’un authentique développement».

Les participantes, membres de la Région Europe de l’Union mondiale des Organisations féminines catholiques (UMOFC), veulent approfondir ce que la Conférence mondiale sur les femmes à Pékin avait désigné par le mot anglais d’»empowerment», en quelque sorte l’»autonomisation» des femmes.

A peine arrivées d’un voyage parfois fort long, les participantes furent presque immédiatement renvoyées sur les chemins jeudi, pour un voyage dans un pays appelé «Utopie», un monde dont les femmes pourraient rêver l’avènement dans les 30 ans qui viennent. Comme viatique, Silvia Westendorf, animatrice des «ateliers du futur», leur a communiqué la phrase suivante: «Si nous renonçons trop vite à nos rêves, nous ne serons pas capables de faire progresser le monde.»

Renoncer à dominer la Création

Il s’agissait pour la centaine de participantes d’imaginer un monde qui s’inscrive dans la logique du développement durable et l’»empowerment» des femmes. Réparties en huit groupes, les participantes ont travaillé sur le thème «Femmes – monde – visions». Dans le domaine de la sauvegarde de la création, il faut par exemple que l’Homme renonce être le «couronnement de la Création» en faveur d’un équilibre dynamique de la nature. Tout élément de la nature a le droit de bénéficier d’une «bonne vie». Il s’agit de développer une économie solidaire soucieuse de tout le vivant et préservant les ressources pour les générations futures.

Les participantes ont âprement discuté des conditions nécessaires à la réalisation de ces différentes visions utopiques. Des voies ont été recherchées pour que les femmes aient une part équitable dans le processus de prise de décision et la politique: c’est là un élément clé pour tout développement. Les femmes ont concrétisé leurs échanges par la réalisation d’un projet de «l’Histoire à avenir».

La politique intérieure mondiale est aussi l’affaire des femmes

Regula Frey-Nakonz, du bureau de la coordination «Femmes et développement» des œuvres d’entraide et missionnaires protestantes de la Suisse à Zurich, a souligné dans son exposé que la politique intérieure mondiale «est aussi l’affaire des femmes». Elle a proposé des pistes pour la globalisation de l’utopie d’une «bonne vie pour tous», dans un monde où tous aimeraient vivre. Une globalisation qu’il ne faut pas confondre avec la mondialisation d’un «marché parfait». Pour réaliser cette utopie, il ne faut pas hésiter à s’engager dans la politique concrète, à prendre position sur des thèmes brûlants. Pour Regula Frey Nakonz, politique intérieure mondiale et politique féminine sont étroitement imbriquées.

«La clé du développement est en nous», a souligné à son tour Silvia Westendorf. C’est ce que découvriront les participantes jusqu’à dimanche en développant ensemble le scénario de l’avenir; puis en élaborant un plan d’action et des recommandations «pour que l’avenir se vive au présent, dès aujourd’hui.»

Les femmes catholiques présentes au Centre de formation de Matt sont persuadées qu’un développement durable dans tous les pays du monde ne peut se réaliser qu’avec la participation des femmes. A une condition pourtant: qu’elles soient considérées dans tous les domaines comme les égales des hommes. Grâce à l’accès à la formation dans tous les continents, la femme prend progressivement confiance en elle. Une fois convaincue de ses capacités, elle prendra ses responsabilités, estiment les initiatrices de la rencontre de Schwarzenberg. (apic/re/be)

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