Débat national lancé par l’Action Vie

Autriche: Des évêques soutiennent la campagne contre la pilule abortive RU 486

Vienne, 8 septembre 1998 (APIC) Plusieurs évêques autrichiens apportent leur soutien à la campagne nationale du mouvement anti-avortement «Action Vie» exigeant l’interdiction de la pilule abortive RU 486. La «pilule du lendemain», qui devrait être commercialisée en Autriche sous le nom de «Mifegyne», suscite dans tout le pays un grand débat national.

Après Mgr Alois Kothgasser, évêque d’Innsbruck, c’est le tour de Mgr Paul Iby, évêque d’Eisenstadt, d’annoncer publiquement son soutien à la récolte de signatures contre l’introduction de la pilule abortive. «C’est pour moi évident de signer l’appel de l’Action Vie», a-t-il souligné. Et l’évêque responsable de la pastorale de l’enfance et de la jeunesse de se réjouir que de nombreux catholiques apportent leur concours à la réussite de la pétition. Mgr Iby déclare vouloir poser un nouveau signe en faveur d’un principe qui lui tient particulièrement à cœur: la protection de la vie de la conception à la mort naturelle.

Plutôt aider davantage la famille que d’interdire la Mifegyne

Le mouvement des femmes catholiques d’Autriche KFBö estime pour sa part qu’un accroissement des mesures d’aide à la famille serait un moyen plus efficace de protéger la vie à naître que l’interdiction de la Mifegyne. Des aides matérielles peuvent effectivement faciliter la décision de parents de garder un enfant, estiment les femmes catholiques, tandis que le refus d’une méthode d’avortement «peut difficilement empêcher une interruption de grossesse».

Si les membres du KFBö sont unanimes à rejeter par principe tout avortement, «un regard ouvert sur la réalité de la vie» montre pourtant clairement qu’une grossesse peut précipiter de nombreuses femmes dans une situation incroyablement difficile, où elles ne voient pas d’autre porte de sortie que l’avortement.

«L’aide est dans ce cas davantage utile que la condamnation!», relèvent les femmes catholiques autrichiennes. Qui réclament des hommes politiques – démocrates-chrétiens ou non – de meilleures conditions cadres pour faciliter le «oui à l’enfant»: l’amélioration des structures d’accueil de la petite enfance, le droit au travail à temps partiel pour les deux parents jusqu’à que l’enfant ait atteint l’âge scolaire, de meilleures conditions matérielles pour la mère élevant seule son enfant, et davantage de compatibilité entre la famille et l’exercice d’une profession.

Les femmes catholiques autrichiennes, opposées à l’avortement, refusent de polémiquer pour savoir quelle est la méthode abortive la moins dommageable pour la santé de la femme. Elles considèrent cependant qu’au cas où la Mifegyne devait être autorisée en Autriche, elle ne devrait pas être accessible librement, mais utilisée seulement dans les cliniques.

La procédure pour l’autorisation légale de la pilule abortive en Autriche devrait débuter en novembre prochain. L’»Action Vie» qualifie de «scandaleux» le projet d’introduction de la pilule controversée, estimant qu’elle banalise la mise à mort d’un enfant non encore né. Avec ce moyen, on rend encore plus difficile la consultation préalable, car la femme qui songe à une interruption de grossesse est davantage encore sous la pression du temps. En 1992/93, en quelques mois, les mouvements pour la vie avaient récolté quelque 80’000 signatures contre la RU 486. A l’époque, la Conférence des évêques d’Autriche avait clairement réclamé l’interdiction de la pilule abortive. (apic/kap/be)

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