Tokyo, 10 septembre 1998 (APIC) Pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les immigrés au Japon, un travailleur brésilien a lancé l’Association « Herculano », du nom de son fils tué par un gang de jeunes gens près de Nagoya en octobre dernier.
La police avait conclu son enquête sur le meurtre en affirmant qu’il s’agissait d’une bagarre de plus entre bandes de jeunes motocyclistes. Le père de la victime a réuni des preuves et a réussi à faire condamner le chef de la bande. Ce dernier a écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement. » Une plaisanterie ! « , pour le père de la victime.
Suite à ce verdict, ce dernier a abandonné son travail pour se consacrer à plein temps à l’Association « Herculano » -prénom de son fils- qu’il a fondée pour « contribuer à un changement de société au Japon « . L’association n’a jusqu’ici recruté que quelque cinquante membres, parmi lesquels un prêtre étranger. Pour ce dernier, « le Japon accepte les étrangers comme travailleurs, mais pas comme êtres humains ». Pour preuve: quand l’initiative du père de la victime a été connue du public japonais, certains l’ont appelé au téléphone: « Tu n’es pas Japonais, retourne au Brésil ! ». Un de ses interlocuteurs lui a quand même avoué: « En tant que Japonais, j’ai honte ! ».
En 1990, en raison de l’embellie économique, le gouvernement japonais avait assoupli la Loi sur le contrôle de l’immigration afin de permettre aux travailleurs étrangers de pénétrer plus facilement au Japon. Parmi les travailleurs étrangers venus alors dans le pays, il y avait de nombreux Brésiliens d’origine japonaise, dont le jeune Herculano et sa famille. (apic/cip/ab)
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