Australie: Le résultat des élections australiennes du 3 octobre risque d’être serré
Sydney, 11 septembre 1998 (APIC) A l’approche des élections fédérales australiennes, prévues le 3 octobre prochain, plusieurs responsables d’Eglise, qui depuis l’an dernier critiquent la politique du gouvernement, sont aujourd’hui rappelés à l’ordre par certains et invités à contenir leurs propos.
Les élections promettent d’être très serrées. D’après un sondage effectué récemment, la coalition conservatrice au pouvoir (qui réunit le Parti libéral et le Parti national) et le principal groupe d’opposition, le Parti travailliste australien, bénéficient chacun de 40 % de soutien.
Au début de l’année, des groupes religieux ont critiqué la législation concernant le titre de propriété foncière autochtone (« Native Title Act »). Cela a fait dire au Premier ministre conservateur, John Howard, que les responsables d’Eglise ne représentaient pas leurs paroissiens. Un député faisant partie du gouvernement a même demandé aux gens de boycotter les Eglises.
Mgr Christopher Saunders, évêque catholique de Broome, dans le nord-ouest de l’Australie, a récemment indiqué au journal « Australian Financial Review » qu’un membre haut placé du Parti libéral avait menacé d’attaquer l’Eglise catholique romaine en soulevant la question controversée de la pédophilie dans le clergé catholique si l’Eglise continuait à attaquer la législation du gouvernement sur les droits fonciers des Aborigènes.
Un nouvel impôt contesté
De hauts responsables religieux ont rejoint les organismes d’aide sociale pour critiquer le thème principal de la plate-forme politique du gouvernement, à savoir le nouvel impôt forfaitaire sur la consommation.
Les responsables des trois principales Eglises – unie, catholique et anglicane – ont qualifié cet impôt « d’injuste et de régressif », soulignant que la plupart des réductions d’impôt sur le revenu décidées comme mesures compensatoires concernaient les particuliers à moyens et hauts revenus. Les Eglises ont demandé que les produits alimentaires soient exemptés de cette taxe.
L’un des responsables religieux ayant critiqué le nouvel impôt proposé, Harry Herbert, de l’Eglise unie, a expliqué à la correspondante de « Nouvelles œcuméniques internationales » (ENI) que certains avaient ressorti le fait qu’il avait été membre du Parti travailliste pendant une brève période, il y a 30ans. Ils s’étaient alors empressés de le communiquer à un quotidien populaire de Sydney pour faire croire que ses critiques de l’impôt étaient liées à ce parti politique. Harry Herbert travaille pour le Comité de responsabilité sociale de l’Eglise unie.
Il a également indiqué que les deux principaux partis politiques pratiquaient des politiques « injustes », qui allaient restreindre l’exemption de certaines taxes accordée aux organisations d’aide sociale. Cela pourrait être, estime-t-il, une réponse directe aux critiques émises ces dernières années par les organismes d’aide sociale et les Eglises à l’encontre des deux partis.
Voie dangereuse?
Harry Herbert reconnaît que les responsables d’Eglise « suivent une voie dangereuse » lorsqu’ils critiquent la politique du gouvernement. « On risque de ne plus être écouté. Mais d’un autre côté, il faut dire ce que l’on pense. Je ne crois pas que les Eglises influencent directement les partis. Par contre, nous, nous influençons les électeurs. Le fait que nous représentions les personnes défavorisées nous donne une certaine crédibilité. Quand nous disons que quelque chose est injuste, les gens écoutent. »
Cette année, les Eglises ont également reproché au gouvernement d’avoir refusé de présenter des excuses, au nom de la nation, aux Aborigènes que l’on avait arrachés de force à leurs familles lorsqu’ils étaient enfants pour les placer dans des institutions.
La lutte pour respecter les droits des Aborigènes
La réaction du gouvernement à l’affaire des « enfants volés » a été une importante source de désaccord avec les Eglises. Cette affaire a conduit progressivement à la détérioration des relations avec la population aborigène ainsi qu’avec les Eglises qui sont, depuis quelques années, au premier rang de la lutte pour les droits des Aborigènes.
La question de l’impôt a pour l’instant éclipsé toutes les autres, y compris celle des relations interraciales. Toutefois, les sondages suggèrent que le parti d’extrême droite, « One Nation », qui est contre l’immigration, pourraient recueillir de nombreuses voix d’électeurs déçus par les principaux partis politiques et cela inquiète les Eglises. Le vote est obligatoire en Australie. (apic/eni/ba)
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