Belgique: Publication du livre «Evangile et Eglise dans l’espace urbain»

L’Eglise face aux nouvelles réalités urbaines

Bruxelles, 18 septembre 1998 (APIC) La nouvelle collection de « Théologies pratiques », lancée par une association internationale d’éditeurs, dont Lumen Vitae à Bruxelles, vient de s’enrichir d’un ouvrage sur « Dieu en ville. Evangile et Eglises dans l’espace urbain ».

Ce livre rassemble une vingtaine de contributions proposées au deuxième colloque organisé par la Société internationale de Théologie pratique. L’ensemble, très oecuménique, a été coordonné par Jean-Guy Nadeau et Marc Pelchat de l’Université Laval au Québec.

Les premières communautés chrétiennes sont nées en ville: Jérusalem, Antioche, Corinthe, Rome… Mais les villes du XXe siècle ne font plus rêver les chrétiens. Depuis la christianisation des campagnes, l’Eglise a du mal à se voir ailleurs qu’au milieu du village. On y a même décrié la ville comme lieu de perdition et de sécularisation?

Aujourd’hui encore, Internet ravive le rêve du « village global » cher à McLuhan. Mais, se demande son compatriote canadien Michel M. Campbell, à quoi bon cultiver cet espace mythique si c’est pour multiplier « discours et encycliques… à des gens qui n’écoutent pas »?

Le livre évoque d’autres exemples, débusquant des oppositions grossières entre « ville d’enfer » et « village de rêve », qui cachent mal la nostalgie d’un passé révolu, mais ne sont pas propres aux chrétiens.

Or, pour envisager un avenir « au coeur de la ville », les Eglises devront mieux prendre en compte la réalité urbaine, avec ses atouts, ses contraintes, ses « décompositions » et « recompositions » sociales et culturelles. Recomposition: le mot est à la mode chez les sociologues. Mais comment nommer autrement le phénomène des rapports sociaux, qui se dénouent et se renouent dans cet espace urbain, fait de mobilité et de circulation, d’éclatement en multiples pôles et de carrefours?

En attendant, la ville est aussi un espace où se tracent des « parcours du sens », où se dessinent « des logiques cachées », où se cherche une « demeure » qui ne soit pas simple concentration du capital, pour reprendre des expressions à divers auteurs. Des liens religieux aussi se tissent dans l’expérience urbaine. Surtout quand ils participent à la recomposition du lien social, observe Jacques Grand’Maison (Montréal). Encore faut-il, suggère Jean Joncheray (Paris), que l’Eglise renonce à occuper le « centre », mais défende, en concitoyenne, l’idée que ce lieu si recherché pour la concentration du pouvoir doit rester « vide », inoccupé, symbole de la place publique et de la démocratie.

Au-delà du quadrillage

Plusieurs modèles successifs de rapport à la ville ont vu le jour dans les Eglises: la confrontation, puis l’adaptation du quadrillage paroissial… pour un « encadrement » impossible, avant de se replier sur une meilleure gestion du « service public » offert à la demande. Pour Gilles Routhier (Québec), aucun de ces modèles n’est tenable, parce tous restent marqués par un cadre étroit de communauté territoriale. Or l’Eglise, insiste-t-il, est avant tout « assemblée », « rassemblement ». Ce qui n’est pas incompatible avec la mobilité, le nomadisme, la migration, les déplacements en tous genres.

La réflexion peut servir de fil conducteur à la lecture de la seconde partie de l’ouvrage, où sont analysées des pratiques pastorales prometteuses pour le futur: au Québec, en Suisse, en France, en Grèce, au Rwanda et même en Polynésie. La réflexion s’y arrête, au passage, aussi bien à l’architecture qu’à diverses pistes d’accueil, de rencontres et d’accompagnement, sans oublier le rôle central de la liturgie dominicale, pourvu qu’elle fasse place à une « poétique urbaine », selon le mot de Guy Lapointe.

En regard des réalités éclatées de la ville, des différences qui divisent et de l’indifférence qui tue, les Eglises n’auraient-elles pas, dans leurs traditions, de quoi rejoindre les aspirations si fréquentes à tendre vers un horizon commun, plus fraternel? Les paroisses notamment sont appelées par Marc Pelchat à varier leurs profils: Sans en faire des « attrape-tout », pourquoi ne constitueraient-elles pas des lieux plus ouverts, plus créateurs, plutôt que de simples succursales de la maison-mère? » (apic/cip/pr)

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