Une paroisse renaît des cendres de la guerre

Mozambique: Le pays se reconstruit après 15 ans conflits

Maputo, le 18 septembre 1998 (APIC) Ravagé par plus de quinze ans de conflits civils, le Mozambique développe aujourd’hui de grands projets pour exploiter les ressources naturelles du pays. Après avoir traversé des kilomètres de terres en jachères, un champs cultivé surprend: 20 hectares de maïs renaissent des cendres de la guerre. Modestement, à Msaladzi dans l’Angonie, le père Katimbo reconstruit la paroisse Saint-Ignace. Sa priorité: un centre de développement populaire intégral.

Saint-Ignace, est l’une parmi les paroisses les plus pauvres des huit que compte le diocèse de Tete, situé au nord-est de la capitale Maputo. Le curé est un jésuite, un missionnaire venu de la République Démocratique du Congo. La pauvreté n’est pas acceptée comme une fatalité à Msaladzi. Confiée à la Compagnie de Jésus, la paroisse, d’une superficie de 3.500 Km² , regroupe 30’000 habitants dont près de la moitié sont des catholiques pratiquants. Il y a trente ans le tiers du territoire était inhabité. Aujourd’hui des habitants y reviennent à la recherche de travail dans les plantations agricoles inexploitées. Elles sont très dispersés, voire isolés dans la région.

Aucun centre de santé, pas une école primaire ou secondaire programmée pour un cycle complet d’études ne se rencontrent dans un rayon de cinquante kilomètres. Lorsque le père Katimbo arrive à Msaladzi, il trouve une cure en ruine. Celle-ci comprend deux bâtiments: l’un sert de résidence paroissiale, l’autre abrite une chapelle, un bureau et quatre salles pour les réunions.

Sur les terrains alentours, un champ de pommes de terre a été aménagé sous la direction du prêtre congolais. La formation, l’aide aux responsables et le financement d’une librairie pour les fidèles sont les autres réalisations accomplies dans la paroisse du père jésuite. Il y a également lancé l’élevage des porcs, grâce notamment à des dons de la population. Vingt communautés ont construit leurs chapelles. Elles ont aussi financièrement contribué à l’exploitation d’un champ de maïs de vingt hectares, qui pourvoit aux besoins alimentaires des participants aux cours et réunions organisées par la paroisse.

«Limana»: communauté vivante et rayonnante

Les visites des communautés chrétiennes en vue de l’assistance sacramentelle, confessions, messes et autres sacrements, demeurent les temps forts de l’apostolat du père Katimbo. Pour compléter cette assistance sacramentelle, il organise des cours de formation d’une semaine pour les fidèles. L’enseignement pratique est accompagné de moments de prière et de discernement, inspiré des exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Chaque soir les participants partagent leur expérience sur le travail de la journée. Au cours des visites pastorales, le prêtre et son équipe d’animateurs donnent également des cours aux chrétiens. Ces enseignements portent sur la foi en la personne de Jésus-Christ, sur l’histoire des petites communautés chrétiennes de Jésus à nos jours, et sur les ministères dans la communauté.

Le premier trimestre de cette année, quatre cours ont été dispensés aux fiancés et cent quinze jeunes familles chrétiennes ont été formées. Ces dernières prolongent l’expérience en petits groupes. Grâce à ces communautés de base nouvellement formées, les équipes pastorales sont renouvelées dans les villages et les cours sont assurés dans l’esprit des orientations diocésaines.

Le Christ ressuscite chaque jour à Msaladzi.

La paroisse de Msaladzi regroupe quatre petites communautés chrétiennes. La population appelle la communauté de base du nom de «limana». La méthode pastorale «sacrement-formation» mise en place par le missionnaire jésuite suscite de l’intérêt. Elle interpelle les prêtres diocésains qui essayent d’entreprendre à leur rythme les mêmes initiatives de pastorale et de développement. Ainsi la renaissance de la paroisse de Msaladzi connaît un rayonnement considérable. Le père Katimbo est intervenu comme invité lors de la troisième semaine théologique de Beira, tenue en février dernier sur le thème de la «conception ngoni-chewa de la mort».

Les chrétiens de Msaladzi se prennent en charge et la paroisse renaît de ses ruines. Mais l’émergence d’une conception de développement endogène et intégrale constitue une œuvre de longue haleine. Elle appelle la formation des laïcs en vue d’une collaboration plus efficace. Ainsi, l’espoir repose sur les participants aux différents cours et sur le noyau des nouvelles famille formées à la vie chrétienne. Pour les paroissiens du père Katimbo et pour beaucoup d’autres habitants engagés au sein de la paroisse, le Christ ressuscite chaque jour à Msaladzi. (apic/dia/eb/ab)

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