Genève: Les comptes de l’Eglise nationale protestante pratiquement équilibrés
Genève, 18 septembre 1998 (APIC) Pour la première fois en six ans, les comptes 1997-1998 de l’Eglise nationale protestante de Genève (ENPG) sont pratiquement équilibrés. Mieux: l’institution commence à éponger sa dette. Après un redressement financier spectaculaire, le Consistoire, réuni jeudi soir à Genève, commence seulement à respirer. Mais l’équilibre reste précaire et les perspectives sont médiocres.
Le Consistoire a appris la nouvelle de la bouche de son grand argentier, le pasteur Marc Faessler: les dépenses de l’Eglise, qui se montent à 15 millions de francs, ne dépassent «que» de 185’000 francs les recettes ordinaires. Une paille! «C’est d’abord le fruit de l’excellente contribution ecclésiastique». Les protestants ont en effet versé 11,9 millions de francs, soit un demi million de plus que la somme inscrite au budget et 2 millions de plus que l’année précédente! C’est aussi le résultat de la maîtrise des coûts de fonctionnement.
A tous les niveaux, les responsables d’Eglise s’en sont tenus scrupuleusement à l’enveloppe budgétaire qui leur avait été allouée. C’est enfin, explique le pasteur Faessler, l’effet de la diminution de postes salariés opérée en octobre dernier. En mettant à la retraite anticipée 23 ministres âgés de plus de 55 ans, l’Eglise a réduit ses charges de 2 millions de francs.
C’est un «véritable exploit». Car pour fonctionner désormais avec 77 postes salariés au lieu de 94, il a fallu que le Consistoire s’engage dans un long et périlleux processus de restructuration de l’Eglise, qui a abouti le 1er octobre dernier. Rappelons qu’aujourd’hui les paroisses sont regroupées au sein de six régions et que les ministères spécialisés sont assumés par quatre services cantonaux, un conseil des aumôneries et une plate-forme appelée «Evangile et Société». Hormis les pasteurs titulaires de paroisses et les responsables de services, l’Eglise compte désormais deux nouvelles catégories de ministres: d’une part les «régionaux» et d’autre part les «rayonnants», attachés à la fois à un service et à une région.
Pour en finir avec la dette
Des campagnes d’un style nouveau ont ainsi vu le jour en automne dernier, afin de responsabiliser les protestants trop discrets en matière de soutien financier, puis de tenter de fidéliser les «contributeurs» qui ont à nouveau donné signe de vie après des années de silence. En effet, à côté des 12’600 fidèles qui contribuent année après année aux finances, l’Eglise a bénéficié du soutien ponctuel de 4’000 autres protestants.
Ainsi cette année, grâce à l’appel «déficit» auquel ont répondu ces 4’000 protestants (résultat: 714’000 francs), mais surtout grâce aux ventes immobilières (2,2 millions de francs) et aux dons et legs (1,9 million), l’Eglise protestante a non seulement réussi à couvrir le déficit des comptes 1997-1998, mais elle a également réduit de 2,9 millions de francs sa dette et mis en réserve plus d’un million de francs, pour pouvoir «effacer» d’éventuels déficits à venir. Au bilan, en comptant ces recettes extraordinaires, l’exercice 1997-1998 se solde même par un bénéfice de 83’000 francs.
Equilibre précaire et retards fiscaux
Mais attention, prévient Marc Faessler, la situation financière demeure fragile. L’équilibre n’est pas tout à fait atteint, alors même que toutes les économies possibles ont été faites et que la prochaine contribution ecclésiastique atteindra à nouveau un niveau record. En plus, il ne reste bientôt plus de bâtiment à vendre et peu de dons et legs sont annoncés.
Le Conseil de l’Eglise ne peut donc que tabler sur une contribution généreuse de la population protestante. Or un fait préoccupant vient encore l’inquiéter davantage: l’immense retard accumulé par l’administration fiscale. (apic/spp/ab/pr)
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