Belgique: Le point après la création d’un second Synode des Eglises de tradition protestante
Bruxelles, 21 septembre 1998 (APIC) La création au début de cette année d’un Synode parallèle a surpris les protestants belges. Linitiative des Eglises dites «évangéliques» a «pris de court» les instances de l’Eglise protestante unie de Belgique (EPUB), dont le Synode semble rester jusqu’ici le seul interlocuteur reconnu par l’Etat. Simple querelle de ménage? Pas tout à fait. Les informateurs religieux ont invité les présidents des deux Synodes à s’expliquer. Deux pasteurs, John van der Dussen, président du Synode fédéral des Eglises protestantes de Belgique, et Daniel Vanescote, président de l’EPUB, leur ont proposé un dialogue étonnant de franchise et de courtoisie.
L’entente passe par une recherche de partenariat. Un contrat a d’ailleurs été ébauché ces dernières années. La première mouture n’a guère convaincu: elle manquait de tonus et de vision prospective aux yeux de plusieurs paroisses.
Néanmoins, la formule du partenariat semblant incontournable, l’EPUB continue de la proposer, affinant les règles autant que possible pour laisser chaque dénomination libre de circonscrire ou d’étendre ce qu’elle veut partager. «Les uns ne veulent partager que l’enseignement, l’aumônerie et les émissions radio-TV, constate le pasteur Vanescote, président de l’EPUB. D’autres souhaitent partager la Faculté de théologie, comme les baptistes, ou les services d’entraide et de diaconie, comme l’Armée du Salut».
Un partenariat, selon le président du Synode de l’EPUB, implique la «reconnaissance par chaque Eglise qu’elle forme un rameau de l’Eglise de Jésus Christ, mais ne vise pas à réduire la différences, pourvu qu’on les vive fraternellement. La reconnaissance mutuelle des ministères et des sacrements reste un problème majeur: raison de plus pour le travailler afin d’aller plus loin. En attendant, il est évident que les dénominations partenaires doivent avoir leur mot à dire dans les commissions de l’EPUB».
La solution peut-elle passer par des «Commissions du culte protestant», plus larges que l’EPUB? La plupart des Eglises évangéliques n’ont pas attendu la réponse. Elles ont pris une tout autre initiative.
Un Synode «parallèle»
Le pasteur John van der Dussen préside le tout nouveau «Synode fédéral des Eglises protestantes et évangéliques en Belgique». Une fédération de 225 Eglises ou communautés locales, évangéliques pour la plupart, pentecôtistes ou charismatiques pour une vingtaine d’adhérentes. Les chiffres révèlent un basculement: 225 communautés locales d’un côté, 104 pour l’EPUB. Le protestantisme a changé de majorité. D’où la création d’un Synode parallèle, dont l’objectif majeur, sinon unique, est d’obtenir une représentation juste et équitable pour toutes les Eglises protestantes et évangéliques.
Les Eglises évangéliques réclameraient-elles avant tout leur part des deniers publics? «Ce n’est pas le but principal. L’essentiel est d’avoir notre mot à dire dans les différents domaines qui concernent le culte», affirme J. van der Dussen. Seules les Eglises, peu nombreuses, opposées par principe à recevoir de l’argent de l’Etat, n’ont pas rallié le nouveau Synode.
John van der Dussen comprend que la création d’un Synode parallèle ait déçu l’EPUB. «Mais on a tort, dit-il, d’accuser le Synode fédéral de réclamer pour lui le monopole de l’EPUB. Nous ne voulons ni la domination des uns, ni le suicide des autres. Nous préférons le mariage. Donc la vie sur pied d’égalité».
Mais alors, pourquoi faire chambre à part au lieu d’entamer les fiançailles sous le mode du partenariat proposé par l’EPUB? «Nous apprécions l’offre de parternariat, mais ça ne répond pas vraiment à nos attentes, puisque nous ne sommes pas égaux devant la loi». (apic/cip/ab)
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