Espagne : Réaction des évêques après l’annonce d’un cessez cessez-le-feu illimité de l’ETA
Pampelune, 21 septembre 1998 (APIC) Le cessez-le-feu illimité annoncé par l’ETA requiert de la part du gouvernement espagnol «largeur de vues, flexibilité et courage», estiment les évêques des trois diocèses du Pays basque et celui de Pampelune, dans une déclaration qui est à la fois un encouragement et une mise en garde.
Aux yeux des évêques, l’heure est venue pour les responsables politiques, et particulièrement pour ceux qui sont au gouvernement, de faire preuve «de flexibilité et de courage, afin de conjurer la grave frustration qui s’ensuivrait au cas où les attentes suscitées devaient échouer «.
Les prélats partagent le «sentiment de soulagement» qu’a fait naître le communiqué publié il y a une semaine par «Euskadi ta Askatasuna» (ETA) (»le Pays basque et sa liberté»), car le cessez-le-feu illimité est «une nouvelle donnée importante dans le processus de pacification «du Pays basque. Il existe à présent «des espérances fondées», expliquent-ils, bien qu’il faille toujours prendre des précautions exigées par des raisons historiques, ainsi que par la difficulté objective de parvenir à une paix qui est tellement nécessaire «.
Vers la réconciliation
«Nous souhaitons, poursuivent les évêques, que ceci soit le commencement d’une volonté renouvelée de réconciliation de plus en plus pleine parmi nous, dans le pluralisme et le respect des différences légitimes propres à notre société». Et d’inviter toute la communauté chrétienne à prier avec insistance avec nous, afin que Dieu éclaire et fortifie tous ceux qui sont appelés à mener à bon terme le processus de pacification».
Interrogé sur l’existence ou non d’une intervention des évêques dans les démarches qui ont abouti à la trêve unilatérale décrétée par l’ETA, Mgr José María Setién Alberro, évêque de San Sebastian, a admis que ceux-ci ont exercé une certaine influence dans cette affaire. Nous avons essayé de créer un climat qui permette que l’on insiste sur la nécessité de chercher une issue plus rationnelle, non seulement au moyen de mesures policières, mais aussi par des rapprochements qui rendent possible l’avènement d’une solution négociée et partagée».
Dans une déclaration faite à une radio espagnole, Mgr Setièn Alberro a encore observé : «S’il y a consensus et attitude de réconciliation, le résultat en sera une situation qui n’a pu être obtenue même lors de la transition «du régime de Franco à la démocratie». (apic/cip/ba)
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