Appel au gouvernement au canadien pour endiguer ce fléau

Canada: Les Eglises lancent un cri de détresse contre l’épidémie du jeu

Vancouver, 27 septembre 1998 (APIC) Dix-huit responsables d’Eglises du Canada, dans une lettre commune adressée à Mme Anne McLellan, ministre de la Justice, réclament une enquête indépendante sur les jeux d’argent.

Selon David Pfrimmer, du Bureau des affaires publiques de l’Eglise luthérienne, « ce qui est remarquable, c’est que les Eglises chrétiennes pensent toutes que le jeu encouragé par l’Etat est mauvais aussi bien sur le plan politique, économique et moral ».

Il existe plus de 50 casinos au Canada. Et l’on envisage d’en construire plus. Selon des estimations récentes, les bénéfices des casinos s’élèvent à 2,5 milliards de dollars canadiens par an (1,75 milliard de dollars EU). Près de la moitié de ce montant va au fisc fédéral et provincial.

L’hebdomadaire « Maclean’s » a rapporté en mai que le chiffre d’affaires annuel du secteur du jeu se montait à 27 milliards de dollars canadiens (19 milliards de dollars EU) et qu’un ménage moyen consacrait au jeu 1’200 dollars canadiens par an (840 dollars EU).

Les 18 responsables des Eglises catholique, orthodoxe et protestantes, membres du Conseil des Eglises du Canada, la principale organisation oecuménique du pays, se sont mis d’accord pour envoyant ensemble cette lettre à la ministre de la Justice du Canada.

Les signataires de la lettre soulignent que « la promotion du jeu approuvé par l’Etat a atteint un niveau sans précédent ». Ils demandent au gouvernement de mettre sur pied un organisme indépendant chargé « d’examiner les conséquences sociales, économiques et juridiques du jeu qu’il soit légal ou illégal », même si certaines retombées financières profitent à des oeuvres de bienfaisance.

Moratoire sur le jeu jusqu’à la fin de l’année

Les responsables d’Eglises demandent aussi aux 10 provinces canadiennes de « décréter un moratoire sur le jeu jusqu’à la fin de cette enquête. Ils comprennent certes le besoin des provinces d’obtenir des revenus. Ils acceptent cependant difficilement le soutien du gouvernement à des projets provinciaux qui visent à faire augmenter le nombre des joueurs.

La lettre cite William Thompson, professeur à l’Université du Nevada, à Las Vegas, qui avait ainsi résumé le problème: « Seul l’enfer connaît la vérité sur le jeu, mais il est déjà trop tard. »

Bonnie Green, de l’Eglise unie du Canada, dont l’étude sur le jeu, publiée au début de cette année, a accéléré l’envoi de cette lettre des Eglises, précise de son côté que « les plus préoccupés par la menace du jeu ne sont pas les responsables des Eglises, mais les gens de la base, les simples fidèles. Ceux-ci ne considèrent plus le jeu comme une simple question de morale personnelle, ils sont inquiets des conséquences pour la communauté et pour d’autres secteurs de l’économie. »

Bonnie Green s’indigne de l’affaiblissement des programmes communautaires qui va de pair avec un intérêt croissant de tous pour le jeu. « Le jeu s’introduit même dans les petites communautés de notre pays. » Chaque fanatique du jeu coûte 56’000 dollars canadiens aux contribuables canadiens par an. « Est-ce vraiment là l’amour du voisin, est-ce la justice sociale? », s’interroge-t-elle. (apic/eni/ba)

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