«L’aumônerie est l’âme de l’aérogare»
New York, 28 septembre 1998 (APIC) L’Association internationale des chapelains de l’aviation civile (IACAC) a tenu sa 31e Conférence à New York du 21 au 25 septembre. Venus des quatre coins du monde, aumôniers et chapelains des 105 aéroports internationaux regroupés au sein de l’IACAC ont débattu de leur mission spécifique et de leur rôle dans la cellule de crise lors d’une catastrophe aérienne.
Prêtres catholiques et anglicans, pasteurs luthériens, baptistes ou réformés, laïcs bénévoles engagés dans ce ministère, personnel de l’aviation civile, médecins ou psychologues, ont partagé leurs réflexions.
«Une aérogare sans aumônerie est une aérogare sans âme», estime le directeur commercial de l’aéroport «JF Kennedy» de New York. Le personnel au sol comme les navigants, les passagers comme les employées des galeries marchandes, trouvent dans la salle de prière interreligieuse ou dans la chapelle chrétienne un lieu de paix où leur foi peut se ressourcer.
«Ces passagers viennent rencontrer, non pas le représentant de leur propre Eglise, mais le témoin du Christ, lien unique des chrétiens. L’œcuménisme est vécu sans cesse au quotidien. Quelle que soit leur foi ou leur incroyance, c’est à l’homme de Dieu que chacun fait appel au passage dans l’aéroport», précise pour sa part le Père Jacques Fournier, aumônier de l’aéroport d’Orly, à Paris.
Au cœur des débats: le jour de la catastrophe
Les participants à la rencontre new-yorkaise ont longuement abordé leur rôle à la lumière des récentes catastrophes aériennes de Lockerbie, TWA Vol 800 et Halifax. La soudaineté et l’intensité de tels événements ne permet pas d’improviser une cellule de crise selon la logique de chacun. Elle ne permet pas plus de s’improviser membre d’une telle cellule. Il faut y être préparé et être apte à en assurer le suivi durant des mois, voire des années.
Le rôle des aumôniers est irremplaçable auprès des victimes et de leur famille, tant sur le lieu de l’accident que durant le voyage des familles vers le lieu de la catastrophe. Ils doivent être parmi les premiers sur place. Les navigants et les secouristes, bouleversés par ce qu’ils ont vécu, connaissent eux aussi les conséquences d’un tel traumatisme. Forts de leur expérience, les aumôniers de l’aviation civile sont les mieux à même de les accompagner des mois durant, car ils sont insérés dans cette profession plus que tout autre.
La Croix-Rouge américaine, chargée de la coordination en cas de catastrophes semblables, assure la formation préalable et le suivi auprès des instances religieuses. Les autorités des Etats-Unis, en créant en 1997 le Bureau fédéral des secours NTSB (National Transportation Safety Board ) ont fait obligation à toute compagnie aérienne de créer leurs propres cellules de crise.
Les compagnies étrangères devront probablement aussi souscrire à une telle obligation pour obtenir les autorisations d’atterrir aux Etats-Unis. La prochaine Conférence des aumôniers d’aéroport se tiendra en septembre 1999 à Munich, en Allemagne. (apic/com/ab)
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