L’archevêque du Cap renouvelle sa proposition

Cantorbéry: Former une Eglise épiscopale anglicane d’Afrique?

Cantorbéry, 2 août 1998 (APIC) La fusion des onze Eglises anglicanes autonomes d’Afrique en une « Eglise épiscopale d’Afrique » pourrait permettre la création d’une « Eglise puissante avec une voix forte ». Tel est l’un des rêves de l’archevêque anglican du Cap, en Afrique du Sud, Njongonkulu Ndungane qui participe actuellement à la Conférence de Lambeth rassemblant les évêques anglicans du monde entier.

L’archevêque Ndungane, interrogé par le correspondant des Nouvelles oecuméniques internationales (ENI) à Cantorbéry, a d’abord rappelé que les Eglises d’Afrique se trouvent aujourd’hui confrontées à beaucoup de problèmes. En particulier ceux qui touchent la réconciliation, la pauvreté et les relations avec des démocraties fragiles. « Mais nous traversons aussi une période de formidable renouveau. C’est pourquoi nous devons renforcer nos ressources et consolider notre partenariat. »

Cette proposition de fusion, l’archevêque Ndungane, primat de l’Eglise de la province d’Afrique australe et partisan convaincu de la coopération entre les nations africaines, l’avait déjà formulée en janvier de cette année. Il avait appelé à cette occasion les Etats africains à former une organisation économique semblable à celle de l’Union européenne.

L’archevêque Ndungane a aussi constaté – à la suite de remarques et de plaintes au sein même de la Conférence de Lambeth – que certaines régions, et notamment l’Amérique du Nord, étaient surreprésentées à cette même Conférence: Selon les statistiques, les 3,16 millions d’anglicans en Amérique du Nord sont représentés par 177 évêques alors que 255 évêques seulement représentent les 31,5 millions d’anglicans africains. « C’est une question d’argent et de ressources. Les provinces les plus riches ont plus d’évêques », a ajouté l’archevêque du Cap. En soulignant que de telles inégalités existent aussi à d’autres niveaux dans son pays, l’Afrique du Sud.

Le primat de la province d’Afrique australe a proposé en outre que les fonctions d’archevêque de Cantorbéry et de président de la Communion anglicane, occupées à l’heure actuelle par George Carey, ne soient plus, à l’avenir, organiquement liées. « La Communion anglicane devrait être libre d’élire son président », a-t-il déclaré. « Et il n’est pas nécessaire que le président soit anglais. Le siège historique de Cantorbéry pourrait pourtant garder son rôle symbolique, y compris dans sa relation spéciale avec Sa Majesté la reine et le gouvernement britannique ». (apic/eni/ba)

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